Pour les poumons des enfants, faut-il revenir à l’huile de foie de morue ?

La vitamine A est disponible dans l’alimentation soit sous forme de vitamine A préformée (rétinol), soit de provitamine A (terme regroupant le bêta-carotène, l’alpha-carotène et le bêta-cryptoxanthine) que l’organisme peut convertir en rétinol. Contrairement à la vitamine A préformée, le β-carotène est converti en fonction de capacités individuelles de bioconversion, en partie dépendantes de variables génétiques. Selon les données publiées par le Journal of the American Dietetic Association, pour les enfants de 7 mois à 17 ans, l’apport minimal recommandé pour la vitamine A est estimé à 400 μg ER/j, sachant que les références nutritionnelles sont exprimées en équivalent rétinol (ER) pour tenir compte de la conversion effective de la provitamine A en rétinol (par exemple, 1 μg bêta-carotène est égal à 1/12 μg équivalent rétinol). C’est une vitamine polyvalente, impliquée dans de multiples processus biologiques y compris le développement pulmonaire, par la régulation de l’expression de plusieurs centaines de gènes. Les données animales suggèrent que l’acide rétinoïque, le métabolite ultime de la vitamine A, joue très tôt un rôle crucial dans le développement alvéolaire. Cependant les données épidémiologiques sont rares sur la relation entre l’apport alimentaire en vitamine

A et les résultats respiratoires pendant l’enfance. Une étude a donc cherché à savoir si un apport plus important en vitamine A préformée ou en β-carotène durant l’enfance pouvait être associé à une meilleure fonction pulmonaire et à un risque d’asthme moindre à l’adolescence.

A partir des résultats d’une étude longitudinale sur des parents et enfants, les apports alimentaires en vitamine A préformée et en β-carotène ont été estimés avec un questionnaire sur la fréquence de consommation des aliments depuis la grossesse jusqu’à l’âge de 7 ans. Le volume expiratoire forcé post-bronchodilatateur en 1 s (VEMS 1), la capacité vitale forcée (CVF) et le débit expiratoire médian mesuré entre 25 % et 75 % de la CVF (DEM2575) ont été mesurés à 15,5 ans. L’asthme incident a été défini par les nouveaux cas d’asthme diagnostiqués par un médecin entre 11 et 14 ans.

La vitamine A mais pas le β-carotène

Les apports médians ont été estimés : à 429 (332-538) μg/jour pour la vitamine A préformée, 1 744 (1 464–2 309) μg/jour pour le carotène (équivalent β-carotène) et 590 (470–723) μg/jour ER pour la vitamine A totale (dont un apport de 26,9 % par le carotène), soit, pour cette cohorte, un apport supérieur aux minimas recommandés pour les enfants de 4 à 8 ans. Dans les modèles ajustés multivariables, un apport plus élevé en vitamine A préformée était associé à une meilleure fonction pulmonaire et à un risque plus faible d’asthme incident. La comparaison des quartiles supérieur et inférieur de l’apport donne des coefficients de régression pour le VEMS1 et DEM2575 respectivement de 0,21 (intervalle de confiance à 95 % IC à 95 % 0,05-0,38 ; ptendance = 0,008) et de 0,18 (IC à 95 % 0,03–0,32 ; ptendance = 0,02).

Parallèlement, les odds ratio pour un rapport VEMS1/CVF en dessous de la limite inférieure normale (correspondant à un trouble ventilatoire obstructif possible) et un pour un asthme incident étaient respectivement de 0,49 (IC à 95 % 0,27-0,90 ; ptrend =0,04) et 0,68 (IC à 95 % 0,47–0,99 ; ptrend =0,07). En revanche, il n’y avait aucune preuve d’association avec le β-carotène. A noter que les associations entre l’apport en vitamine A préformée et le VEMS1, le DEM2575 et l’asthme incident n’a pas changé de manière significative après un ajustement supplémentaire sur les habitudes alimentaires (« soucieux de la santé », « indésirable » et « traditionnel », séparément) ni sur les multiples autres données relevées (antécédents d’allergie alimentaire, allaitement, localité urbaine / rurale, activité physique, IMC, atopie mesurée par test cutané, apport maternel en vitamine A pendant la grossesse, ainsi que d’autres facteurs alimentaires, y compris les apports en vitamines C, D et E, zinc, protéines et acides gras provenant du poisson). Les associations nulles pour l’apport en carotène sont également restées les mêmes après ces ajustements supplémentaires. Des preuves d’une modification des associations entre l’apport en vitamine A préformée et la fonction pulmonaire liée aux polymorphismes des gènes BCMO1, NCOR2 et SCGB1A1 ont également été retrouvées.

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