Vivre à proximité de terrains de golf augmente le risque de maladie de Parkinson, selon une étude
De nouvelles recherches établissent un lien entre la proximité résidentielle et les terrains de golf et un risque accru de maladie de Parkinson, notamment lorsque l’eau provient de sources souterraines vulnérables. Ces résultats mettent en évidence les risques potentiels pour la santé liés à l’exposition aux pesticides dans l’environnement quotidien.
Dans une étude récente publiée dans JAMA Network Open , des chercheurs aux États-Unis ont évalué si la proximité d’un terrain de golf augmente le risque de maladie de Parkinson (MP).
L’exposition aux pesticides a été associée à un risque accru de MP. Les pesticides sont souvent utilisés sur les terrains de golf pour préserver l’esthétique. Aux États-Unis, l’application de pesticides sur les terrains de golf est jusqu’à 15 fois supérieure à celle des pays européens. De plus, les pesticides peuvent s’infiltrer dans les eaux souterraines et contaminer l’eau potable. Malgré les risques, les recherches sur la MP et l’exposition aux pesticides sur les terrains de golf sont rares.
À propos de l’étude
Dans la présente étude, les chercheurs ont exploré les liens entre la proximité de terrains de golf et les cas de MP. Dans un premier temps, les patients atteints de MP du comté d’Olmsted ont été identifiés entre 1991 et 2015 grâce au système de couplage des dossiers médicaux du Rochester Epidemiology Project (REP). Un spécialiste des troubles du mouvement a examiné les dossiers médicaux des patients identifiés afin de confirmer le diagnostic et de déterminer la date d’apparition des symptômes moteurs.
L’équipe a identifié des témoins dans la région d’étude REP du Wisconsin et du Minnesota, appariés selon l’âge et le sexe aux cas de MP. Des informations sur l’emplacement des terrains de golf ont été recueillies. L’adresse résidentielle deux ou trois ans avant l’apparition des symptômes de MP a été utilisée pour calculer la distance par rapport au terrain de golf. Des données sur les zones desservies par les services d’eau dans la région d’étude REP ont été obtenues et classées selon que les sources d’eau du robinet sont des puits privés, des ressources en eaux souterraines ou des ressources en eaux de surface.
Par ailleurs, les zones desservies par les eaux ont été stratifiées selon qu’elles comportaient ou non un terrain de golf. De plus, des données à haute résolution sur la vulnérabilité des eaux souterraines ont été acquises pour le Minnesota, et les zones desservies par les eaux ont été classées comme faisant partie d’une région vulnérable ou non vulnérable. Les régions vulnérables aux eaux souterraines étaient celles présentant une géologie karstique, des sols à texture grossière ou un substrat rocheux peu profond.
De plus, des données sur les puits municipaux du sud-est du Minnesota ont été obtenues. Les zones de service d’eau ont été classées comme comportant un ou aucun puits municipal sur les terrains de golf et comme contenant des puits municipaux peu profonds ou profonds. Des splines linéaires par morceaux ont été utilisées pour évaluer les associations entre la proximité du terrain de golf et le risque de MP. Une régression logistique a été appliquée, la distance au terrain de golf le plus proche étant considérée comme l’exposition et la MP comme le résultat.
L’étude a également pris en compte plusieurs variables démographiques et socioéconomiques, notamment l’âge, le sexe, la race, l’origine ethnique, le revenu médian des ménages, la classification rurale ou urbaine et l’utilisation des soins de santé, dans leurs modèles statistiques.
Il est important de noter que l’étude a utilisé des modèles linéaires et splines pour évaluer la relation entre la distance au terrain de golf le plus proche et le risque de MP. Le modèle spline, avec un nœud à trois miles, a permis aux chercheurs d’identifier des associations non linéaires. À moins de trois miles d’un terrain de golf, le risque de MP ne variait pas significativement en fonction de la distance, mais au-delà de trois miles, chaque mile supplémentaire par rapport au terrain était associé à une diminution de 13 % du risque de MP. Le modèle spline a fourni une meilleure adéquation qu’un modèle linéaire simple, comme le montre un test de rapport de vraisemblance.
Résultats
Entre 1991 et 2015, 450 cas de MP ont été recensés dans le comté d’Olmstead, dont 9 000 témoins appariés par sexe et par âge. Après exclusion, 419 cas de MP et 5 113 témoins ont été inclus dans l’analyse. Le terrain de golf le plus proche se trouvait à une distance médiane de 2,76 km pour les cas de MP et de 3,18 km pour les témoins.
Le risque de MP diminuait de 9 % pour chaque kilomètre supplémentaire par rapport au terrain de golf, jusqu’à 29 kilomètres. Les personnes vivant plus loin d’un terrain de golf présentaient un risque plus faible de MP. De plus, vivre à moins d’un kilomètre d’un terrain de golf augmentait le risque de MP de 126 % par rapport aux personnes vivant à plus de 9 kilomètres.
De plus, une relation dose-réponse substantielle a été observée : le risque de MP augmentait de 198 % à un ou deux miles, de 121 % à deux ou trois miles et de 92 % à trois ou six miles, comparativement aux personnes vivant à plus de six miles. De plus, le risque de MP était presque deux fois plus élevé chez les personnes recevant de l’eau du robinet provenant de zones de desserte souterraine avec un terrain de golf que chez celles la recevant de zones de desserte sans terrain de golf.
De plus, les personnes recevant de l’eau du robinet provenant de zones desservies par un terrain de golf situées dans une région vulnérable aux eaux souterraines présentaient un risque de MP 82 % plus élevé que celles vivant dans des zones non vulnérables desservies par un terrain de golf, et un risque accru de MP 92 % par rapport aux personnes vivant dans des zones desservies par un terrain de golf. Il est à noter qu’il n’y avait aucune association entre le risque de MP et le fait de vivre dans une zone desservie par un puits municipal peu profond.
L’étude a également révélé que le lien entre la proximité des terrains de golf et le risque de MP était plus fort en zone urbaine. De plus, les auteurs soulignent que l’exposition peut se produire à la fois par l’intermédiaire des eaux souterraines contaminées utilisées pour la consommation et par la dérive des pesticides dans l’air, en particulier dans les zones à forte densité entourant les terrains de golf.
Il est important de noter que les chercheurs ont observé que dans un rayon de trois miles d’un terrain de golf, le risque de MP n’augmentait pas davantage avec la proximité, ce qui suggère un possible « effet plafond » à des niveaux d’exposition plus élevés.
Conclusions
La proximité d’un terrain de golf était associée à un risque accru de MP, en particulier dans un rayon de 1 à 5 kilomètres d’un terrain de golf. Les personnes recevant l’eau du robinet d’une zone desservie par un terrain de golf présentaient un risque presque deux fois plus élevé de MP que celles recevant l’eau d’une zone non desservie par un terrain de golf. Vivre dans une zone desservie par un terrain de golf située dans une région vulnérable aux eaux souterraines augmentait également le risque de MP.
Cependant, les auteurs mettent en garde : si cette étude démontre une association, elle ne prouve pas que vivre à proximité d’un terrain de golf soit un facteur de risque de maladie de Parkinson. L’étude présente plusieurs limites, notamment le manque d’informations sur les expositions professionnelles, la non-prise en compte de tous les autres facteurs de risque potentiels de MP et l’utilisation de l’adresse résidentielle comme indicateur de l’exposition aux pesticides. La population étudiée était majoritairement blanche, ce qui pourrait limiter la généralisation des résultats à d’autres groupes démographiques. De plus, l’étude s’est appuyée sur les données de localisation des terrains de golf de 2013 comme indicateur de l’exposition historique, ce qui pourrait ne pas refléter pleinement le risque environnemental à long terme.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier les mécanismes par lesquels l’exposition aux pesticides sur les terrains de golf peut contribuer au risque de MP et pour confirmer ces résultats dans des populations plus diverses.
Source : news-medical.net