Sous contraceptif oral, un risque d’AVC multiplié par 3
L’AVC ischémique cryptogénique, sans cause identifiable, représente 30 à 40 % de tous les AVC ischémiques chez les jeunes adultes. Malgré cette prévalence élevée, les facteurs de risque sont mal connus, notamment ceux spécifiques au sexe dont l’utilisation de contraceptifs oraux dont on sait qu’ils sont associés au risque global d’AVC.
L’étude SECRETO (Searching for Explanations for Cryptogenic Stroke in the Young) s’est spécifiquement penchée sur le risque d’AVC cryptogénique chez la jeune femme en comparant les données de 268 femmes âgées de 18 à 49 ans ayant présenté un AVC cryptogénique à celles de 268 témoins sans AVC appariées selon l’âge dans 14 centres européens. Parmi elles, 66 patientes et 38 témoins utilisaient des contraceptifs oraux combinés.
Un risque indépendant
Après ajustement en fonction de l’âge et des comorbidités telles que l’hypertension artérielle, le tabagisme, la migraine avec aura et l’obésité abdominale, l’utilisation d’un contraceptif oral a été associée à une multiplication du risque d’AVC cryptogénique par un facteur 3,00, sans interaction avec ces facteurs de risque.
Il s’agit donc bien d’un risque indépendant, estime Mine Sezgin (Neurologie, Istanbul), auteure principale de l’étude, et ce risque spécifique va dans le même sens que ce qui a été établi pour le risque global des AVC. Il ajoute également que l’association restant forte même en tenant compte d’autres facteurs de risque connus, il pourrait y avoir des mécanismes supplémentaires impliqués, génétiques ou biologiques. Ces résultats s’ajoutent à un nombre croissant de données liant la contraception hormonale au risque vasculaire chez les femmes en âge de procréer.
Dans cette étude, la plupart des utilisatrices d’un contraceptif oral utilisaient une formulation à base d’éthynylestradiol, avec une dose médiane de 20 microgrammes.
L’hémihydrate d’estradiol et le valérate d’estradiol étaient les autres formulations les plus fréquemment utilisées. Cela dit, bien que ces données établies au départ d’un calcul d’équivalence de doses, elles ne sont pas suffisantes pour déterminer si certaines formulations comportent des niveaux de risque différents.
Dans ces conditions, et en attendant d’autres études prospectives, les auteurs conseillent une évaluation minutieuse du risque d’AVC chez les jeunes femmes en cas de prescription d’un contraceptif oral combiné lorsqu’elles présentent des facteurs de risque vasculaires connus ou des antécédents d’AVC ischémique. La prochaine étape passera par l’exploration des mécanismes biologiques et génétiques sous-jacents.
Source : JIM