Quel est le risque de fracture dans les suites d’un AVC ?

Quel est le risque de fracture dans les suites d’un AVC ?

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) exposent à des séquelles multiples qui peuvent toucher les capacités physiques tout autant que les fonctions cognitives. Leur retentissement dépend de la topographie et de l’étendue de l’infarctus cérébral, tout autant que de la rapidité et de l’efficacité de la prise en charge initiale. Dans les cas les plus graves, le handicap moteur ou les troubles cognitifs exposent le patient à un risque élevé de chutes qui peuvent s’avérer traumatisantes, au point d’occasionner des fractures. Quel est de fait le risque fracturaire dans les suites d’un AVC ?

Une étude sud-coréenne : 223 358 cas d’AVC comparés à 322 161 témoins 

C’est à cette question que répond une étude de cohorte rétrospective du type cas-témoins réalisée en Corée du Sud, dans laquelle ont été inclus 223 358 patients (âge moyen 64,8 ± 10,9 ans ; hommes : 61,2 %) qui ont tous survécu à un AVC survenu entre 2010 et 2018. Le groupe témoin a été constitué de 322 161, participants appariés selon l’âge (âge moyen 65,4 ± 11,2 ans) et le sexe (hommes : 61,3 %).

Les données individuelles ont été recueillies au sein d’une base de données nationales, en l’occurrence l’Assurance maladie ( Korean National Health Insurance System database). Plusieurs sous-groupes ont été constitués en fonction de l’importance du handicap résultant de l’AVC et du type de ce dernier (sévère ou non, ischémique ou hémorragique). Les données ont été traitées à l’aide du modèle des risques proportionnels de Cox, avec ajustements prenant en compte le plus de facteurs de confusion potentiels, notamment l’âge, les handicaps autres, les comorbidités, les traitements etc.

Un risque globalement majoré de 40 %, multiplié par près de cinq pour les fractures de la hanche 

Au terme d’un suivi moyen de 3,7 ± 2,5 années, il a été dénombré 16 344 fractures chez les victimes d’un AVC, versus 20 396 dans le groupe des témoins. En cas d’AVC, le risque de fracture s’est avéré globalement majoré de 40 %, le hazard ratio ajusté (HRa) correspondant étant en effet estimé à 1,40 [IC 95 %, 1,37–1,43]. Le taux d’incidence des fractures (pour 1000 sujets-années) de la hanche s’est avéré particulièrement élevé, soit 4,7 [IC 95 %, 4,5–4,8] versus 2,2 dans le groupe des témoins, ce qui conduit à un HRa de 2,42 [IC 95 % 2,30–2,55]. Pour ce qui est du risque de fracture-tassement vertébral, la valeur correspondante du HRa a été estimée à 1,29 [IC 95 %, 1,25–1,34]), versus 1,19 [IC 95 %, 1,15–1,23] quant aux fractures autres que celles de la hanche et du rachis.

Le risque de fracture de la hanche a culminé en cas d’AVC sévère avec un HRa qui atteint alors 4,82 [IC 95 %, 4,28–5,42]). En revanche, les fractures vertébrales et celles de topographies diverses ont été particulièrement fréquentes en cas de handicap post-AVC jugé léger. Le type d’AVC, ischémique versus hémorragique, n’a eu aucun effet significatif sur le risque de fractures, quelle que soit leur topographie. 

Cette étude de cohorte rétrospective qui porte sur un effectif conséquent (plus de 200 000 AVC) donne une idée quantitative du risque de fracture chez les patients victimes d’un AVC. L’importance du handicap expose tout particulièrement à un risqué élevé de fracture de la hanche. Il importe de prévenir ce risque du mieux possible en recherchant des facteurs favorisants tels une ostéoporose et en gérant au mieux le handicap, une fracture de la hanche étant à l’évidence catastrophique chez des patients particulièrement vulnérables.

Source : JIM

actusantemag

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