Comment réduire considérablement les inégalités sociales de santé en Guinée 

Comment réduire considérablement les inégalités sociales de santé en Guinée 

I- Etat des lieux :

La République de Guinée depuis quelques temps ambitionne une croissance forte, 

inclusive et durable pour consolider la transformation structurelle de son économie et répondre aux aspirations de ses populations à travers un capital humain de qualité. Certes, pour gagner ce pari, l’accent doit forcément être mis sur l’amélioration de l’état de santé des populations par une approche tendant à réduire considérablement les inégalités sociales de santé.

Mais le rapport annuel de l’OMS 2021, concernant la couverture sanitaire en 

Guinée rend obsolète les ambitions projetées, le nombre de médecins pour 10 000 habitants était à 2,08%, le pourcentage de sages-femmes 0,69% pour le même 

nombre d’habitants, le nombre d’habitants pour 1 centre de santé était 7 362, celui 

du nombre d’habitants pour 1 lit 279 103.

Selon AMAREGUI, jusqu’en fin 2022, c’était seulement à Conakry centre où 

étaient installés tous les centres d’hémodialyses publics. De la capitale à Yomou, jusqu’à fin 2022, aucun centre d’hémodialyse. Cela voudrait dire qu’un patient souffrant d’insuffisance rénale n’ayant pas les moyens pour aller à Conakry ou à 

l’extérieur devait alors seulement se contenter de Dieu pour être soigné. 

Contrairement à nos voisins Sénégalais, selon MEDIUM, Dakar n’abritait que 28 

% de centres de dialyse (Couverture Maladie Universelle 2023).

La réduction des inégalités sociales de santé devrait être au cœur des politiques 

publiques de la Guinée à l’image des autres pays limitrophes. Il doit se traduire 

en un plan d’action, avec des objectifs précis et quantifiés, des moyens et des 

responsabilités. 

La République de Guinée fait aujourd’hui face à des défis énormes en terme de 

santé publique, avec des inégalités sociales qui entravent l’accès aux soins pour 

de nombreuses populations, le passage de ces deux grandes épidémies (Ebola en 

2014 et Covid-19 en 2020) a montré la limite de la projection de nos politiques

publiques de santé. 

La pauvreté, l’accès limité aux structures de santé de base selon la pyramide 

sanitaire, la rupture des médicaments et le manque des appareils et équipements 

médicaux foncent d’avantage les citoyens vulnérables. 

L’offre sanitaire publique n’est pas suffisante pour garantir l’accès aux soins 

d’une population en constante expansion, ce qui pousse pleins de gens à s’orienter 

vers la médecine traditionnelle, des appartements des personnels de santé 

transformés en cliniques anarchiques pour recevoir clandestinement les patients.

L’une des dimensions les plus importantes de l’équité est l’égalité d’accès, bien 

que l’on commence également à prendre en compte d’autres dimensions plus 

importantes en termes de résultats, ce qui implique donc un développement 

conceptuel maximal, étant donné que le système de Santé doit éliminer ou réduire 

les inégalités en termes de prévalence, de mortalité ou de perte de qualité que les 

différentes variables introduisent dans l’être de santé. Pour mieux aborder cette 

thématique, il est essentiel d’analyser en profondeur ces disparités pour 

comprendre les défis auxquels la Guinée est confrontée en matière de santé 

publique.

II- Analyse des inégalités sociales de santé en Guinée :

Le manque d’infrastructures de santé est ce fardeau majeur contribuant à accroitre

exponentiellement les inégalités sociales de santé en Guinée, les structures 

sanitaires publiques ne répondent pas aux besoins fondamentaux des populations, 

si un centre de santé doit couvrir plus 8 000 habitants, c’est inquiétant car le 

budget alloué au système de santé est insignifiant. 

Selon l’EDS 2021, la Guinée comptait 3434 établissement de santé dont 902 

privés pour une population estimée à 14 000 000 de personnes, c’est incroyable. 

Le manque de personnels qualifiés dans nos structures sanitaires loin de la capitale, la pauvreté, les conditions de vie précaires, le manque de routes et d’éducation de santé dont les enfants et les femmes sont les plus touchées, le coût élevé des soins sont en quelque sorte les facteurs contribuant à augmenter les inégalités sociales de santé en Guinée.

III- Impacte de la lutte contre les inégalités sociales de santé :

La lutte contre les inégalités sociales de santé en Guinée est cruciale pour garantir 

le bien-être physique, mental et social des populations et favoriser un développement durable car la santé est le soubassement de la croissance économique et de la production intellectuelle. 

Si rien n’est fait pour réduire les inégalités sociales de santé, les conséquences 

peuvent être calamiteuses comme l’augmentation des maladies chroniques et 

mentales, du taux de mortalité infantile élevé, fréquence élevée de la vente illicite 

des médicaments…

IV- La conjugaison des efforts de tous les acteurs clés

L’on doit identifier les parties prenantes impliquées dans la lutte contre les 

inégalités sociales de santé en Guinée, notamment le gouvernement et ses 

partenaires techniques et financiers, les organisations non gouvernementales, les 

associations, les centres d’écoute, la société civile, les groupements de femmes…

Certes, en travaillant ensemble, ces acteurs peuvent maximiser l’impact de leurs 

actions et favoriser des changements durables, mais le gouvernement à travers le 

ministère de la santé et de l’hygiène publique doit jouer un rôle important dans l’élaboration des politiques de santé inclusives et équitables.

V- Recommandations

Pour réduire considérablement les inégalités sociales de santé en Guinée, je 

soumets ces quelques recommandations :

-Investir dans les infrastructures de santé mais aussi dans la formation du personnel médical et l’approvisionnement en médicaments essentiels et dispositifs 

médicaux : nous devons être capable de meubler nos services de santé installés 

loin de la capitale. Chaque année, la faculté de Médecine forment plus de 100 

médecins, 100 pharmaciens, 500 infirmiers… mais malheureusement on n’a pas 

une bonne politique de déconcentration. 80 % de ces personnels préfèrent servir 

que dans la capitale. 

-Promouvoir l’éducation en matière de santé pour sensibiliser les jeunes aux bonnes pratiques d’hygiène, de nutrition et de prévention des maladies : il serait 

judicieux d’introduire des cours de santé dans nos écoles à partir du collège

comme (Cours de bonnes pratiques d’hygiène, de prévention des maladies 

hydriques, de santé sexuelle), puisque tous les élèves n’auront pas la chance de 

fréquenter les facultés de Médecine (médecine, odontostomatologie, 

pharmacie…). 

-Mettre en place des mécanismes de protection sociale pour garantir un accès 

équitable aux soins de santé pour les populations les plus vulnérables et 

défavorisées : Outre une politique de santé publique suppose que chacun puisse 

y avoir accès, quelles que soient ses ressources, en cas de maladie, d’accident ou 

de handicap. C’est l’objet de la protection sociale dans le champ de la couverture 

des risques de santé. Ces mécanismes sont fondés sur les valeurs de solidarité et 

de justice sociale. Ils sont voués à délier la demande de soins de sa contrainte 

financière et à permettre à toute personne de recevoir ceux en adéquation avec son 

état de santé.

-Favoriser l’accès aux services de santé de base, notamment la vaccination, les 

soins prénatals et postnatals sans également oublier le déploiement d’innovations 

comme les services de navigation, les cliniques mobiles ou communautaires, en 

vue de favoriser l’accès aux soins de tous. 

-Promouvoir la santé scolaire et universitaire : Le besoin urgent en santé scolaire 

et universitaire en Guinée prouve à suffisance que cette catégorie sociale est 

aujourd’hui confrontée à de nombreux problèmes de santé comme :

La grossesse non désirée ou précoce, les maladies sexuellement transmissibles 

comme (le VIH/SIDA, la syphilis, les herpès, les hépatites, chlamydias, les 

trichomonas…), la toxicomanie généralisée, l’alcoolisme, les violences du genre 

se perpétuant à l’âge adulte.

Malgré ces nombreux problèmes de santé que rencontrent les élèves et étudiants 

guinéens, il existe très peu malheureusement de structures sanitaires qui leur sont 

dédiées. Les grandes universités du pays doivent systématiquement avoir des 

centres médicaux, équipés et dotés des personnels qualifiés, composés notamment 

des psychologues, des spécialistes, des gynécologues, des généralistes et des 

points de ventes de médocs. Les grands lycées dont l’effectif maximum pourrait 

atteindre un nombre de 500 élèves doivent abriter également des infirmeries et 

des centres de rééducation pour permettre aux élèves de mieux s’informer sur leur 

environnement sanitaire.

Ces structures sanitaires ne doivent être uniquement réservées qu’aux élèves et 

étudiants. Ils doivent offrir des prestations curatives pour les maladies les plus 

fréquentes dans notre société mais aussi faire de la prévention leur cheval de 

bataille à travers les visites médicales, les vaccinations séquentielles et la 

promotion de la santé publique.

Chaque établissement public doit disposer un centre d’écoute intégré au centre 

médical universitaire ou scolaire dont la confidentialité des dossiers médicaux des 

élèves et étudiants constitueront la pierre angulaire de la fréquentation de tout 

service de santé par ces jeunes concernés.

-Améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour réduire la propagation 

des maladies d’origine hydrique et améliorer la santé des populations.

-Renforcer la collaboration entre les différents acteurs du secteur de la santé, y 

compris le gouvernement, les ONG et le secteur privé.

-Mettre en place des politiques de lutte contre la pauvreté et de promotion de 

l’inclusion sociale pour réduire les disparités économiques qui affectent l’accès 

aux soins de santé.

-Encourager la participation active des communautés locales dans la prise de 

décisions en matière de santé, en favorisant l’autonomisation et l’engagement 

citoyen.

VI- Conclusion

Il est temps d’agir de manière collective et coordonnée pour réduire les inégalités sociales de santé en Guinée et faire en sorte que chaque individu ait accès à des soins de qualité, quel que soit son statut social ou 

économique.

Cependant, en adoptant une approche multidimensionnelle et collaborative, notre 

pays peut progresser vers une santé plus équitable et inclusive pour tous ses 

citoyens guinéens.

Pour un système de santé efficace

Dr. Karamo KABA

Pharmacien Rétrovirologue / Ecrivain

Enseignant chercheur / Spécialiste en Santé Publique (GHSS).

Tel : +224 628 49 78 95 / 620 97 43 43 

Tatakaba66@gmail.com

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