Une cause rare de douleur de l’épaule
Les douleurs à l’épaule chez les personnes âgées sont très fréquentes et souvent causées par une tendinite calcifiante des muscles de la coiffe des rotateurs. Cependant, méconnaitre une situation plus inhabituelle pourrait conduire à des investigations inappropriées, telle qu’une biopsie invasive, et à une mauvaise prise en charge.
Une douleur de l’épaule chez une patiente atteinte de PR
Une femme de 61 ans, d’origine pakistanaise, atteinte d’une polyarthrite rhumatoïde (PR) à double anticorps, bien contrôlée sous méthotrexate, a signalé l’apparition d’une douleur sévère à l’épaule droite lors de sa consultation. Dans ses antécédents on retrouve, en plus de la PR, une maladie cœliaque, de l’arthrose, une hypertension artérielle, un déficit en fer et en vitamine D. Elle ne prend aucune supplémentation calcique.
La douleur a rapidement progressé au fil des semaines, sans que l’on ne retrouve d’antécédent traumatique. Cette douleur limitait considérablement les mouvements de l’épaule droite, en particulier en abduction et rotation. Sa PR était en rémission. Elle signalait également des douleurs nocturnes, qui, avec la rapidité de la progression de la douleur, faisaient soupçonner une cause plus sévère, telle qu’une cause maligne.
Des investigations biologiques et radiologiques
Les explorations biologiques sanguines montraient une CRP, un profil calcique et une PAL normaux. Une radiographie de l’épaule droite n’a montré aucune calcification ou arthrose affectant l’articulation glénohumérale mais a découvert un foyer de calcification inhabituel proche de la face latérale de l’humérus proximal.
Une imagerie complémentaire a été conseillée pour confirmer la nature de la lésion. L’échographie a confirmé un foyer de calcification (14 mm x 18 mm) dans l’insertion humérale du grand pectoral, adjacente à la partie supérieure du long biceps. Les caractéristiques qui ont permis d’évoquer une calcification bénigne plutôt qu’une néoplasie sont l’emplacement caractéristique de la calcification et l’absence de masse dans les tissus mous adjacents. Ainsi, cette calcification s’est avérée être due à une tendinite calcifiante de l’insertion humérale du grand pectoral, ce qui est très rare.
La patiente a été rassurée sur la nature bénigne de la calcification et prise en charge de manière conservatrice par antalgiques simples et physiothérapie
La tendinopathie calcifiante est une maladie commune, mais la calcification du grand pectoral à son insertion humérale est très rare. Ce cas souligne l’importance de connaitre cette possibilité pour permettre au clinicien de poser un diagnostic exact et de réduire la probabilité d’investigations inutiles et stressantes pour le patient. La prise en charge conservatrice, telle que l’antalgie simple et la physiothérapie, est efficace dans la majorité des cas et devrait être utilisée en première intention. Une injection de corticoïdes peut être envisagée avec une intervention orthopédique pour les patients qui ne répondent pas au traitement conservateur.
Source : JIM
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