L’activité physique, un plus pour le traitement de la dépression
L’activité physique est parfois recommandée dans le traitement de la dépression, sans directive claire quant aux modalités et à la quantité d’exercice. Une méta-analyse tente d’éclaircir ce point.
Au cours de la dépression, l’activité physique peut compléter avantageusement le traitement médicamenteux et la psychothérapie. Au-delà de ses effets sur le moral, elle améliore la santé physique et cognitive. Plusieurs recommandations internationales la mentionnent, sans toutefois en expliquer clairement les modalités. Une méta-analyse publiée par le British Medical Journal apporte quelques précisions utiles sur la pratique de l’activité physique dans le cadre de la dépression.
Une méta-analyse en réseau de 218 essais randomisés
En comparaison avec les prises en charge témoin (traitement classique ou médicament placebo), l’activité physique a des effets significatifs sur la dépression, qu’elle soit pratiquée seule ou associée à d’autres modes de prises en charge. En tant que seul traitement, les activités les plus efficaces semblent être la marche, le jogging, le yoga, la musculation ou la danse. La marche et le jogging sont efficaces pour les femmes et les hommes, alors que la musculation est plus efficace pour les femmes, le yoga ou le Qi gong pour les hommes. Le yoga paraît plus efficace pour les adultes, alors que la musculation le serait plus pour les jeunes. Ces deux activités semblent par ailleurs les mieux acceptées.
Les bénéfices obtenus semblent proportionnels à l’intensité de la pratique. Si une activité douce (marche, yoga) procure des effets cliniquement significatifs, les exercices plus vigoureux, comme la course à pied, semblent plus profitables. Cela ne semble pas avoir de lien avec la dépense énergétique hebdomadaire.
Les données ne permettent toutefois pas de déterminer le nombre idéal de séances par semaine. Enfin, l’efficacité ne semble pas modifiée par le nombre de comorbidités ou le niveau de dépression initial.
Les auteurs notent que les guidelines tendent à préconiser l’activité physique pour les patients chez lesquels la psychothérapie ou le traitement pharmacologique sont inefficaces ou ne sont pas tolérés. Ils estiment qu’il serait intéressant de considérer l’activité physique comme un élément à part entière du traitement, en recommandant une pratique intensive, mais adaptée aux caractéristiques individuelles des patients.
Source : JIM