Infertilité masculine et risque cardiovasculaire, deux phénomènes liés

Infertilité masculine et risque cardiovasculaire, deux phénomènes liés

Si le lien entre infertilité masculine et risque cardiovasculaire a déjà été suggéré par quelques études, celles-ci présentaient un suivi généralement court, allant de trois à cinq ans. De plus, la plupart portaient sur des populations d’origine ethnique caucasienne, le plus souvent aux Etats-Unis, suscitant un doute quant au caractère général de cette observation.

Peng-Ciao Chen, du National Defense Medical Center de Taipei (Taïwan), et ses collègues se sont quant à eux penchés sur la population taïwanaise, pour la première fois analysée à ce sujet (1). S’appuyant sur des données nationales d’assurance maladie, les chercheurs ont comparé 2.326 hommes infertiles à 9.304 hommes qui ne l’étaient pas, sur une période de suivi de 15 ans.

Les résultats confirment le lien entre infertilité et risque cardiovasculaire. Après prise en compte de l’âge, du statut marital, du niveau d’études et de la présence de comorbidités (obésité, diabète, dépression, etc.), les hommes atteints d’infertilité ont 47,2% plus de risques de développer une maladie cardiovasculaire au cours des 15 années suivant le diagnostic.

Au terme du suivi, 17,07% des hommes infertiles ont ainsi développé une maladie cardiovasculaire, contre seulement 11,83% dans le groupe contrôle. Le risque est particulièrement élevé pour les cardiopathies ischémiques (Hazard Ratio 2,426), pour l’infarctus du myocarde (HR 2,261) et pour l’hypertension (HR 2,055).

Si les mécanismes sous-jacents demeurent méconnus, les chercheurs évoquent plusieurs pistes. Parmi celles-ci, le fait que les hommes souffrant d’infertilité endurent fréquemment un déficit de production de testostérone et une dysfonction érectile, tous deux également liés à un risque cardiovasculaire accru. Selon une méta-analyse publiée en 2019 (2), la dysfonction érectile est associée à un risque cardiovasculaire accru de 43%.

D’autres travaux ont montré que le risque cardiovasculaire s’élevait lorsque la qualité du sperme, notamment la quantité de spermatozoïdes, diminuait (3). Ce que confirme l’étude taïwanaise, qui montre que les hommes souffrant d’azoospermie ou d’oligospermie présentent un risque cardiovasculaire particulièrement élevé. D’autres facteurs pourraient être en cause, tels que le stress enduré par les hommes ne parvenant pas à avoir d’enfant.

Selon les chercheurs, « la double menace que représentent l’infertilité et les maladies cardiovasculaires constitue un défi important pour la santé de ces hommes. Les médecins doivent accorder plus d’attention à ces patients, qui ont un risque de santé aggravé ».

Publiée en 2016, une étude américaine (4) avait révélé un risque de cardiopathie ischémique accru de 48% chez les hommes souffrant d’infertilité, mais aussi une hausse de 30% du risque de diabète. Des associations qui subsistent indépendamment du niveau de revenu, du lieu de résidence, du niveau d’études et de l’origine ethnique, selon d’autres travaux.

Source : mediquality.net

actusantemag

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