Insuffisants cardiaques carencés en fer : le derisomaltose ferrique bénéfique à long terme

Insuffisants cardiaques carencés en fer : le derisomaltose ferrique bénéfique à long terme

Proposer aux insuffisants cardiaques carencés en fer des injections répétées de derisomaltose ferrique intraveineux diminue significativement le risque combiné de décès ou d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque selon les résultats de l’essai IRONMAN présentés au congrès de l’AHA 2022 (1) par Paul Kalra (Portsmouth Hospitals University NHS Trust et université de Glasgow) et publié simultanément dans The Lancet (2).

Les insuffisants cardiaques souffrent fréquemment d’une carence en fer qui induit une majoration des symptômes cliniques et qui est associée à un plus mauvais pronostic. Plusieurs études ont déjà montré que le l’administration intraveineuse de carboxymaltose ferrique chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque à FEVG réduite associée à une carence en fer permet d’améliorer la qualité de vie et la capacité d’exercice à court terme. Ce traitement réduit aussi pendant au moins 12 mois les hospitalisations pour insuffisance cardiaque.

Cependant, aucun effet sur la mortalité n’a été observé, et l’effet à plus long terme n’est pas encore déterminé. D’où l’idée de mettre en place une étude permettant de préciser si la supplémentation en fer par voie intraveineuse en complément du traitement standard de l’insuffisance cardiaque permet d’améliorer le pronostic à long terme des patients insuffisants cardiaque à FEVG réduite.

Dans l’essai IRONMAN , 1 137 patients souffrant d’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection ventriculaire gauche diminuée (inférieure ou égale à 45%) associée une carence en fer (ferritine inférieure à 100 μg/l ou saturation de transferrine (TSAT) inférieure à 20%) ont été randomisés en ouvert entre l’administration ou non de derisomaltose ferrique intraveineux. Le traitement était administré initialement à tous les patients randomisés dans le bras dérisomaltose ferrique intraveineux (n =569). Des injections complémentaires adaptées aux taux de ferritine et de TSAT ont été réalisées à quatre semaines, puis à quatre mois, puis tous les quatre mois. Le suivi médian a été de 2,7 ans.

336 patients ont présenté le critère de jugement principal (décès ou hospitalisation pour décompensation d’insuffisance cardiaque) (22,4 pour 100 années-patients) dans le groupe dérisomaltose ferrique et 411 (27,5 pour 100 années-patients) dans le groupe de soins habituels (RR : 0,82 ; IC à 95 % : [0,66 à 1,02] ; p=0,070). Le risque relatif était réduit de 18%, mais pas de manière statistiquement significative. Les hospitalisations pour insuffisance cardiaque seules n’étaient pas non plus significativement réduites, tout comme les décès d’origine cardiovasculaires.

En revanche, le risque de premier évènement (décès cardiovasculaire, hospitalisation pour insuffisance cardiaque, infarctus ou accident vasculaire cérébral (AVC)), était significativement abaissé de 17% dans le groupe assigné au fer intraveineux.

En outre, afin de prendre en compte l’impact de la pandémie de Covid-19 sur le recrutement et le suivi des patients -qui n’ont pas toujours pu être examinés en présentiel et recevoir la dose de fer intraveineux éventuelle prévue- une analyse de sensibilité pré-spécifiée a été effectuée. Elle ne porte que sur les données des 1 063 patients inclus dans l’essai avant le 31 mars 2020 -date du premier confinement au Royaume-Uni- et revus au 30 septembre 2020. Les auteurs ont supputé que la supplémentation en fer s’est maintenue pendant au moins six mois après la dernière dose et que la pandémie n’a pas affecté la santé des insuffisants cardiaques.

Pour l’analyse de sensibilité COVID-19, 210 patients ont présenté le critère de jugement principal (22,3 pour 100 années-patients) dans le groupe dérisomaltose ferrique et 280 (29,3 pour 100 années-patients) dans le groupe de soins habituels (RR : 0,76 ; IC à 95 % : [0,58 à 1,00, soit une réduction de 24 %] (p=0,047).

Une analyse post-hoc réalisée à l’échéance d’un an confirme une réduction du risque de critère combiné de 34% (statistiquement significative également). Toutefois ni le risque de décès cardiovasculaire seul, ni la mortalité totale n’ont été significativement réduits.

Source : Jim.fr

actusantemag

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