Effets du remplissage vasculaire rapide sur la concentration d’hémoglobine

Effets du remplissage vasculaire rapide sur la concentration d’hémoglobine

Les principaux objectifs de l’administration de solutés chez les patients en état critique sont de corriger l’hypovolémie et d’augmenter le débit cardiaque (CO) et ainsi l’apport en oxygène (DO2), afin de rétablir une perfusion tissulaire adéquate. Cependant, l’administration rapide de cristalloïdes et/ou de colloïdes peut avoir un effet hémodiluant avec une diminution de la concentration d’hémoglobine (Hb).

Par conséquent, même lorsque le débit cardiaque augmente, le DO2 peut ne pas croître autant que prévu. Ainsi, selon l’équation DO2 = CO × (1,39 × [Hb] × SaO2 + (0,003 × PaO2)), pour une SaO2 de 100 %, lorsque l’Hb diminue de 10 à 9 g/dL, le débit cardiaque doit augmenter d’environ 11 % pour maintenir le DO2 stable. De plus, une diminution de l’Hb après un bolus de liquide intraveineux (IV) peut être interprétée à tort comme une anémie, ce qui entraîne une transfusion sanguine inutile.

Plusieurs études ont rapporté une association entre l’administration de liquide et une diminution transitoire de l’Hb qui parfois, mais pas toujours, revient rapidement aux valeurs de base après la miction. Les patients en état de choc circulatoire peuvent présenter une hémodilution plus importante et persistante, en particulier en cas d’oligurie.

Cependant, malgré ces rapports et la perception clinique de la réduction de l’Hb après l’administration de liquides, l’ampleur de l’hémodilution dans différents scénarios cliniques n’a jamais été évaluée objectivement. D’où l’intérêt de cette revue systématique avec méta-analyse pour quantifier la diminution de l’Hb après l’administration rapide de liquides dans diverses populations adultes.

Une méta-analyse sur près de 3 000 patients

N’ont été retenues que les études qui rapportaient l’Hb avant et après l’administration rapide de cristalloïdes et/ou de colloïdes (bolus administrés en moins de 120 min) chez des adultes. N’ont pas été retenues les études qui incluaient des patients qui saignaient, ou qui utilisaient des transfusions ou des procédures de circulation extracorporelle.

Les études ont été divisées selon qu’elles portaient sur des sujets en état critique (chirurgie/traumatisme, septicémie, choc circulatoire ou hypovolémie grave, conditions mixtes) ou non. Des méta-analyses ont été réalisées pour évaluer les différences d’Hb avant et après l’administration rapide de liquide chez tous les sujets et dans les sous-groupes.

Des modèles à effet aléatoire, des méta-régressions et des analyses de sous-groupes ont été réalisés. Le risque de biais a été évalué à l’aide du Cochrane Risk of Bias Assessment Tool. L’incohérence entre les résultats des essais a été évaluée à l’aide de la statistique I2.

Soixante-cinq études ont satisfait aux critères d’inclusion (40 chez des patients présentant des pathologies non-aiguës et 25 chez des patients présentant des pathologies aiguës), soit un total de 2 794 participants. Le risque de biais a été évalué comme étant  » faible  » pour les essais contrôlés randomisés et  » faible à modéré  » pour les essais non contrôlés et non randomisés.

Une diminution significative de l’Hb

Dans les 63 études pouvant faire l’objet d’une méta-analyse, l’Hb a diminué de façon significative de 1,33 g/dL en moyenne [intervalle de confiance à 95 % IC 95 % – 1,45 à – 1,12 ; p < 0,001 ; I2 = 96,88] après l’administration de liquide. Chez les patients non critiques, la diminution moyenne a été de 1, 56 g/dL [IC 95 % – 1,69 à – 1,42 ; p < 0,001 ; I2 = 96,71] et chez les patients présentant des…

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