Hématome rétroplacentaire, une complication grave de la grossesse !

Hématome rétroplacentaire, une complication grave de la grossesse !

En gynécologie obstétrique, il y a ce qu’on appelle urgence obstétricale. Ce qui veut dire que le pronostic vital de la mère et du fœtus est très engagé. A chaque trimestre de la grossesse, une urgence peut survenir, pour dire qu’il n’y a véritablement de quiétude qu’après l’accouchement et tous les soins qu’il faut dans le post partum (après l’accouchement). 

L’une des graves complications au 3ème trimestre de la grossesse est l’hématome rétroplacentaire, un décollement prématuré d’un placenta normalement inséré dans l’utérus. Cet incident se produit habituellement après 20 semaines de grossesse, suivi d’un choc hémorragique. C’est une complication majeure de la grossesse!

Le placenta est un organe qui assure les échanges entre le fœtus et l’organisme de la mère pendant la grossesse. Fixé normalement au fond de l’utérus, le placenta permet les échanges entre le sang maternel et le sang du fœtus sans que les deux sangs ne se mélangent. Les échanges d’aliments et de gaz se font à travers le placenta.

 En principe et naturellement, le placenta est expulsé 15 à 30 minutes après la naissance, lors de la délivrance. Mais il arrive que le placenta se décolle de façon prématurée pendant la grossesse, entraînant une grande complication.  C’est ce décollement prématuré du placenta qu’on appelle hématome rétroplacentaire. Un détachement qui va interrompre les échanges entre la mère et le fœtus.

On parle d’hématome rétroplacentaire lorsque le placenta se décolle totalement ou partiellement de la paroi utérine au cours des 2e et 3e trimestres de grossesse. Si le décollement se produit au 1er trimestre, on parle de décollement trophoblastique, c’est à dire le futur placenta, parce qu’il n’est pas encore bien formé à ce stade.

L’hématome rétroplacentaire met en jeu la vie de la mère et du fœtus, car responsable d’une grande hémorragie entre le placenta et l’utérus.

Le décollement placentaire survient souvent dans un contexte d’hypertension artérielle associée à la grossesse. Parfois, aucune cause n’est retrouvée pour justifier la survenue de cet accident brutal.

Les manifestations possibles de l’hématome rétroplacentaire sont:

– une douleur abdominale brutale en « coup de poignard » comme un tonnerre dans un ciel serein!

– des saignements vaginaux minimes noirâtres.

– une altération de l’état général que le peu de saignements extériorisé ne saurait expliquer.

 Très rapidement va s’installer un état de choc. L’angoisse est manifeste. C’est une urgence vitale pour la mère et son bébé.

– À l’examen physique, l’utérus est dur comme du bois, dur partout et dur tout le temps ! Il ne se relâche pas ! Il s’agit d’une véritable contracture.

Le diagnostic est clinique dans sa forme typique. Dans cette forme le bébé n’a aucune chance de survie et la vie de la mère est en danger.

Si la survenue d’un hématome rétroplacentaire peut être imprévisible, il faut savoir qu’il y a des facteurs qui prédisposent comme l’hypertension artérielle au cours de la grossesse, un traumatisme abdominal ( accident ou violence conjugale). Il y a aussi l’âge maternel élevé, des troubles vasculaires, le tabagisme, la consommation de cocaïne, etc.

L’hématome rétroplacentaire interrompt les échanges nutritifs entre le fœtus et sa mère et cela va provoquer une souffrance fœtale puis la mort du fœtus.

La vie de la mère est menacée par une coagulation intra vasculaire disséminée à cause de la libération de certaines substances coagulantes lors du décollement du placenta. 

Le choc hémorragique peut provoquer une insuffisance rénale menaçante pour la vie de la mère. 

La prise en charge se fait en milieu hospitalier là où une césarienne et une réanimation sont possibles.

Il est difficile de prévoir un hématome rétroplacentaire, mais les consultations prénatales permettent de traiter certaines maladies pouvant se compliquer en hématome retroplacentaire.

Devant des saignements et des douleurs pelviennes ou lombaires au cours de la grossesse, il faut se rendre immédiatement dans un centre de santé.

Pr Charlemagne Ouedraogo

Gynecologue Obstetricien

actusantemag

Site santé

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :