Faut-il encore craindre les effets psychiatriques de l’isotrétinoïne ?

Faut-il encore craindre les effets psychiatriques de l’isotrétinoïne ?

La survenue de manifestations neuropsychiatriques plus ou moins sévères lors des traitements par isotrétinoïne pour l’acné a été rapportée sans que l’on puisse de manière définitive la qualifier d’effet secondaire. Cette constatation émane de petites cohortes de patients avec un risque de manque de précision quant à l’estimation des effets secondaires déclarés.

Une récente méta-analyse de 31 études sur le sujet n’est parvenue qu’à inclure 1 411 patients qui avaient été évalués sur le plan psychiatrique à la recherche de symptômes dépressifs avant l’initiation du traitement. Par ailleurs la plus grande sévérité de l’acné chez ceux qui sont exposés à l’isotrétinoïne par rapport à l’acné des sujets du groupe contrôle crée un biais de confusion par indication. 

C’est ce dernier argument qui a conduit à entreprendre une étude rétrospective avec appariement à l’aide d’un score de propension afin de comparer l’incidence des troubles neuropsychiatriques chez les patients exposés à l’isotrétinoïne et chez les patients recevant d’autres traitement anti-acnéiques, en utilisant les données numérisées de 56 organismes de santé (91 % aux USA, 9 % en Europe) sur plus de 12 millions de personnes âgées de 12 à 27 ans entre 2013 et 2019.

Après exclusion des malades avec des antécédents de cancer et ceux qui sont décédés pendant la période d’étude, il reste 382 340 patients pour lesquels une acné a été diagnostiquée, (acné vulgaire dans 78 % des cas). Parmi eux 30 866 ont eu au moins une prescription d’isotrétinoïne. Trois sous-groupes ont été distingués pour la population contrôle n’ayant pas reçu d’isotrétinoïne : groupe de ceux qui ont été traités par antibiotiques (érythromycine ou tétracycline ; n = 44 748)groupe ayant eu seulement un traitement topique (n = 108 367) et groupe n’ayant eu aucun traitement anti-acnéique (n = 78 666).

Davantage de troubles psychiatriques avec une acné

Sans ajustement sur la sévérité de l’acné, il est apparu que le diagnostic d’acné était associé avec une augmentation du risque de manifestations psychiatriques incidentes (Odds Ratio OR : 1,46 ; intervalle de confiance à 95 % IC : 1,43 -1,50) par rapport à une population de même sexe, âge et ethnie n’ayant pas fait l’objet d’un diagnostic d’acné.

Après appariement par la méthode du score de propension (sur le type d’acné, les comorbidités, les antécédents de pathologie mentale, l’âge au moment de la première prescription, le sexe, l’ethnie…) afin d’éliminer (au mieux) les facteurs de confusion, le risque (OR) de présenter une manifestation neuropsychiatrique incidente chez les patients exposés à l’isotrétinoïne a été calculé à 0,80 (IC 0,74 à 0,87) par comparaison avec ceux sous antibiotiques oraux, à 0,94 (IC 0,87-1,02) pour la comparaison avec le groupe sous topiques anti-acnéiques et enfin à 1,06 (0,97-1,16) pour la comparaison avec les personnes n’ayant pas reçu de traitement anti-acnéique…

Pour en savoir plus rendez-vous sur : JIM

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