VIH-SIDA : Une greffe spéciale de cellules souches apporte une rémission à long terme

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Un patient « peut-être » guéri de l’infection par le VIH grâce à une greffe spéciale de cellules souches, c’est le rapport de cas développé par cette équipe de virologues de la Weill Cornell Medicine (New York) et présenté lors de la 29è Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections. Cette étude de cas ouvre une nouvelle voie thérapeutique possible, en particulier chez les patients également atteints d’hémopathies malignes, alors que c’est le 3è cas de rémission documenté avec ce type de greffe.

Ce patient vivant avec le VIH qui a reçu une greffe de cellules souches sanguines pour une leucémie myéloïde aiguë est exempt du virus depuis 14 mois, après arrêt du traitement antirétroviral contre le VIH. Les médecins-chercheurs de la Weill Cornell Medicine qui ont effectué la greffe et géré ses soins ont bon espoir d’avoir ainsi identifié une nouvelle voie thérapeutique. D’autant que 2 autres cas similaires ont été documentés.

Une greffe bien spéciale de cellules souches

Dans ces 3 cas, les cellules du donneur transplantées étaient porteuses d’une mutation qui les rend résistantes à l’infection par le VIH.

La patiente a reçu des greffes de cellules souches sanguines et immunitaires après avoir détruit sa propre population de cellules sanguines, y compris ses cellules leucémiques, par chimiothérapie à dose élevée. Les cellules transplantées provenaient de 2 sources :

  • d’un parent adulte en bonne santé : ces cellules ont été utilisées pour restaurer rapidement la population de cellules sanguines afin de réduire les complications infectieuses ;
  • du sang de cordon d’un nouveau-né non apparenté pour fournir une reconstitution sanguine à long terme.

Le sang de cordon est utilisé pour fournir des cellules souches sanguines pour les greffes de patients incapables de trouver des donneurs adultes compatibles. Les spécialistes de la transplantation ont en effet découvert que le sang de cordon peut être utilisé avec succès même lorsqu’il provient d’un donneur non apparenté dont les marqueurs immunitaires ne correspondent que partiellement à ceux du receveur.

Un sang de cordon bien « spécial » : dans ce cas précis, les médecins ont utilisé du sang de cordon contenant une variante du gène de résistance au VIH appelée CCR5Δ32. Le VIH utilise normalement le co-récepteur CCR5 pour l’aider à infecter les cellules immunitaires, mais la variante Δ32 du récepteur bloque efficacement l’entrée virale.

Par ailleurs, si 2 cas antérieurs et similaires de rémission à long terme chez des patients cancéreux séropositifs après une greffe de cellules souches adultes CCR5Δ32 ont été rapportés, ce cas est le premier à utiliser des cellules de sang de cordon. La variante CCR5Δ32 est beaucoup plus fréquente chez les personnes d’origine européenne, il est plus difficile de trouver des donneurs CCR5Δ32 bien appariés pour les greffes traditionnelles de cellules souches chez des patients non blancs, bien que l’utilisation de sang de cordon atténue en partie ce problème.

Des résultats concluants et prometteurs

  • 3 mois après la greffe, la population de cellules sanguines du patient était entièrement dérivée des cellules du sang de cordon résistantes au VIH ;
  • le VIH n’était plus détectable, par divers tests sensibles ;
  • la patiente a finalement arrêté son TARV ;
  • 14 mois après l’arrêt du traitement, aucun signe de réémergence du VIH n’est détecté, en dépit d’un suivi étroit pendant la pandémie de COVID 19.

Une rémission à long terme : les chercheurs jugent probable la guérison ou « rémission à long terme ». De plus, la patiente est également sans leucémie depuis plus de 4 ans. Ils concluent que le sang de cordon contenant la variante CCR5Δ32 offre un remède possible à la fois pour les hémopathies malignes et pour le VIH, et doit être considéré comme une source de cellules souches lorsque les patients cancéreux séropositifs ont besoin de greffes de cellules souches sanguines.

Néanmoins, à ce stade, la procédure reste considérée comme trop risquée pour les patients séropositifs qui, autrement, n’ont pas besoin de ce type de greffes.

Néanmoins, à ce stade, la procédure reste considérée comme trop risquée pour les patients séropositifs qui, autrement, n’ont pas besoin de ce type de greffes.

Source :  santelog.com

actusantemag

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