La prudence s’impose lors de la prescription de rosuvastatine à fortes doses ou en cas d’insuffisance rénale sévère !

La prudence s’impose lors de la prescription de rosuvastatine à fortes doses ou en cas d’insuffisance rénale sévère !

« Par rapport à l’atorvastatine, la rosuvastatine est associée à un risque accru d’hématurie, de protéinurie et d’insuffisance rénale. Parmi les patients ayant un débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) < 30 ml/min par 1,73 m2, 44 % se sont vus prescrire une dose quotidienne de rosuvastatine supérieure à la dose quotidienne recommandée de 10 mg. Les résultats de cette nouvelle étude montrent qu’il faut être prudent lors de la prescription de la rosuvastatine, en particulier chez les patients qui prennent des doses élevées ou chez les patients souffrant d’insuffisance rénale. »

Le message de l’auteur ne pourrait être plus clair. Cette étude américaine de très grande envergure porte sur l’analyse des données médicales de près d’un million de personnes traitées par une statine dans 40 réseaux de soins de santé aux États-Unis. L’objectif était de déterminer les risques d’hématurie, de protéinurie et d’insuffisance rénale en lien avec la prise de rosuvastatine. Pour ce faire, l’équipe de chercheurs américains a consulté les dossiers électroniques de 152 101 patients sous rosuvastatine depuis un certain temps et de 795 799 patients qui recevaient depuis peu ce médicament. L’analyse a été réalisée entre 2011 à 2019.

Lien entre la rosuvastatine et un risque accru d’insuffisance rénale

Pendant une période de suivi de 3,1 ans en moyenne, les chercheurs ont observé une hématurie chez 2,9 % des patients et une protéinurie chez 1,0 %. Dans l’introduction de cet article, vous avez pu lire que la rosuvastatine, par rapport à l’atorvastatine, était associée à un risque accru d’hématurie (HR : 1,08% ; IC 95% : 1,04-1,11), de protéinurie (HR : 1,17 ; IC 95% : 1,10-1,25) et d’insuffisance rénale (HR : 1,15 ; IC 95% : 1,02-1,30).

Une grande proportion de patients (44%) ayant un DFGe <30 ml/min par 1,73m2 se sont vus prescrire une dose plus élevée de rosuvastatine (20 ou 40 mg par jour). Plus la dose de rosuvastatine est élevée et plus le risque est important. Les risques de protéinurie et d’hématurie sous statines ont été régulièrement étudiés, mais les mécanismes sous-jacents restent peu clairs. Cette étude a le mérite d’être l’une des plus grandes études comparant le risque de la rosuvastatine à celui de l’atorvastatine pour toutes les valeurs de DFGe dans une population hétérogène.

Contrairement à ce qui a été démontré dans des études antérieures, la rosuvastatine présente un risque d’effets indésirables proportionnel à la dose. Selon les auteurs, ces résultats incitent à une plus grande prudence dans la prescription et le suivi de la rosuvastatine en particulier chez les patients qui reçoivent des doses élevées ou qui souffrent d’insuffisance rénale sévère.

De nombreuses recherches sont encore nécessaires en raison des grandes différences qui existent entre la pratique clinique actuelle et les recommandations de la Food and Drug Administration (FDA). Enfin, on a constaté une association entre la prise de rosuvastatine et un risque accru d’insuffisance rénale, tandis que les avantages cardiovasculaires restaient identiques.

Source : mediquality.net

actusantemag

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