Alerte aux infections invasives à streptocoque du groupe A chez les enfants
Bordeaux, le mercredi 7 décembre 2022 – Plusieurs enfants sont décédés ces derniers jours victimes d’infections invasives à streptocoque de groupe A (IIGSGA).
« Toutes les conditions sont réunies pour une crise majeure de santé publique en pédiatrie et ce à très brève échéance de quelques jours » avaient prévenu le 23 novembre dernier dans un communiqué commun plusieurs sociétés savantes de pédiatrie (GPIP, SFP, Afpa, Spilf). La prévision semble malheureusement se confirmer puisque la Direction générale de la Santé (DGS) alerte ce mardi sur la survenue de « plusieurs cas pédiatriques d’infection invasives à streptocoque de groupe A (IISGA) en nombre plus important qu’habituellement signalés dans différentes régions (Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle Aquitaine) au cours des 15 derniers jours ».
Selon la DGS, ce sont au total huit enfants « sans facteur de risques identifiés » qui ont été hospitalisés en réanimation, parmi lesquels deux sont malheureusement décédés. Trois cas adultes ont également été signalés, dont un est décédé. Dernier drame en date, la mort, le 28 novembre dernier, d’une petite fille de 3 ans, au CHU de Bordeaux. Son frère et un autre enfant ont également été hospitalisés dans un état grave. Sur le terrain, les pédiatres hospitaliers évoquent une « recrudescence des formes graves » avec notamment des « arrêts cardio-respiratoires inexpliqués et brutaux évocateurs de chocs toxiques streptococciques ».
Pas de lien entre les différents cas
Les premières investigations épidémiologiques menées par Santé Publique France (SPF) et le Centre national de référence (CNR) suggèrent que ces différents cas n’ont pas de lien entre eux et que « ces signalements ne sont probablement pas dû à l’émergence d’une souche plus virulente mais plutôt à une augmentation inhabituelle du nombre de cas, en lien avec des souches différentes ».
Face à cette situation inquiétante, les médecins sont invités à procéder systématiquement à un test rapide d’orientation diagnostic (TROD) à streptocoque A en cas d’angine et à un prélèvement de gorge devant une scarlatine avec TROD négatif. La DGS rappelle qu’un TROD négatif ne suffit pas pour exclure une infection à streptocoque A. En cas d’IIGSA nécessitant une hospitalisation, l’Agence régionale de Santé (ARS) doit être averti sans délai et le prélèvement doit être envoyé au CNR.
Pour limiter la propagation des cas, les sujets infectés par un streptocoque A doivent rester isolé jusqu’à deux jours après le début de l’antibiothérapie. Les cas contacts qui présentent un facteur de risque de développer une infection invasive (notamment les sujets âgés de plus de 65 ans) doivent se voir prescrire une antibioprophylaxie. La DGS indique que les sociétés savantes vont être saisies pour préciser les recommandations de prise en charge des sujets contaminés et des cas contacts.
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