La fistule obstétricale : une maladie handicapante pour la femme

La fistule obstétricale : une maladie handicapante pour la femme

Les femmes atteintes de fistules sont le plus souvent marginalisées et rejetées par leurs époux et la société. Elles sont généralement parmi les plus pauvres et les plus vulnérables de la société. 

La fistule obstétricale est l’une des lésions les plus graves pouvant survenir au moment de l’accouchement, ou le plus souvent quelques jours après un accouchement difficile et dont le travail a été anormalement long et laborieux.

Selon les estimations 2 millions de femmes sont concernées dans le monde.  L’ambition est de mettre fin à la fistule obstétricale d’ici à 2030.

Plusieurs jours de travail sans intervention efficace peut entraîner la survenue de la fistule obstétricale avec communication anormale entre le vagin et la vessie et /ou le rectum. 

La pauvreté, la malnutrition, l’insuffisance de couverture sanitaire,  les pratiques néfastes, l’accès limité aux césariennes d’urgence, un travail prolongé sans une prise en charge efficace en soins obstétricaux sont entre autres les causes de la fistule obstétricale.

La fistule obstétricale comme décrite plus haut survient après un travail prolongé sans une prise en charge adaptée.

Lorsque la fistule est causée involontairement par le prestataire de santé, lors d’une césarienne par exemple, avec une lésion accidentelle de la vessie, provoquant une ouverture anormale où passent les urines. On parle de fistule iatrogène. Elle peut être aussi provoquée lors des interventions chirurgicales autres que l’accouchement.

Les symptômes de la fistule  sont :  une fuite chronique des urines, un écoulement de pus au niveau de la peau entourant l’anus, douleurs lors de la défécation, des démangeaisons, la fièvre si la fistule évolue dans un contexte infectieux. 

Les conséquences : bouleversement du quotidien de la femme qui a du mal à s’intégrer dans la société. La fistule crée chez les femmes qui sont victimes la dépression et l’isolement social.  La fistule peut occasionner une maladie rénale et l’infertilité de la femme. 

Prévenir la fistule obstétricale revient à lutter contre les mariages précoces, bannir les pratiques traditionnelles néfastes comme les mutilations génitales féminines, faciliter l’accès aux soins obstétricaux notamment l’accès à la césarienne de qualité.

La fistule peut être réparée jusqu’à 90% des cas.

La prise en charge est essentiellement chirurgicale, mais une approche holistique globale est indispensable pour une réinsertion sociale des victimes.

Pr Charlemagne Ouedraogo

Gynecologue Obstetricien

actusantemag

Site santé

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