Traiter l’infection à VIH 4 jours par semaine, c’est aussi efficace…et beaucoup moins cher !

Traiter l’infection à VIH 4 jours par semaine, c’est aussi efficace…et beaucoup moins cher !

Chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), la tolérance des traitements antirétroviraux (TARV), leur allègement, leur simplification, sont fondamentaux pour préserver la qualité de la vie.

De nombreuses pistes sont étudiées pour améliorer la tolérance des traitements, pour limiter la toxicité des TARV (par exemple, diminution des doses, passage à une bithérapie, échelonnement des prises thérapeutiques). Le régime thérapeutique utilisé aujourd’hui prévoit une trithérapie avec une prise quotidienne d’ARV.

Le projet ANRS 170 QUATUOR

Le projet ANRS 170 QUATUOR a étudié pour la première fois la prise du TARV quatre jours par semaine au lieu de la prise habituelle quotidienne 7 jours sur 7, cela en régime d’entretien. L’essai a été conduit par des équipes de l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris. Les résultats présentés ici ont été publiés en février 2022, d’abord sous forme d’un communiqué de presse [1], puis dans « The Lancet HIV » [2].

Il s’agit d’une étude randomisée de non-infériorité (*) permettant d’évaluer l’efficacité et la tolérance du régime intermittent avec quatre jours consécutifs de traitement suivis de trois jours d’arrêt, en utilisant la même trithérapie déjà en cours chez le patient, sans introduction de nouvelle molécule. L’essai a été conduit de septembre 2017 à janvier 2018 ; il a concerné 59 Hôpitaux en France. Les critères d’inclusion des PVVIH étaient les suivants ; être infecté par le VIH-1, avoir une charge virale inférieure à 50 copies/mL depuis au moins 1 an, ne pas présenter de mutations de résistance aux médicaments utilisés, ne pas avoir changé de traitement dans les quatre mois précédant l’inclusion. Le questionnaire d’évaluation de la qualité de vie « PROQOL-HIV » a été proposé aux personnes incluses à l’issue de l’essai.

Une meilleure qualité de vie

Au total, 636 PVVIH ont été inclus, puis répartis en deux groupes : 318 dans le groupe « continu » (prise quotidienne), 318 dans le groupe « intermittent ». Ils ont été suivis pendant 48 semaines (5 visites médicales de contrôle étalées sur la période).

A l’issue des 48 semaines, les résultats ont montré que le régime intermittent n’est pas inférieur au régime continu en ce qui concerne le maintien de la charge virale et la tolérance au traitement ; 96 % des sujets du groupe intermittent et 97 % du groupe continu ont gardé une charge virale inférieure à 50 copies/ml. Un échec virologique (charge virale supérieure à 50 copies/ml) s’est manifesté pour six sujets (2 %) du groupe intermittent et quatre (1 %) du groupe continu ; parmi eux, des mutations de résistance aux médicaments sont apparues, trois dans le groupe intermittent et une dans le groupe continu.                                                                     

Des effets indésirables sévères (grades 3-4) ont été observés chez 9 % des patients du groupe intermittent et 12 % des patients du groupe continu.

L’analyse des questionnaires d’évaluation de la qualité de vie PROQOL-HIV renseigné par les sujets inclus a montré une amélioration de l’observance et de l’acceptabilité du régime intermittent ;  59 % des patients du groupe intermittent ont trouvé leur qualité de vie améliorée, contre 7 % du groupe continu (différence statistiquement significative – p < 0,0001)

Pour le groupe « continu », le coût moyen annuel d’un traitement a été de 7 207 euros ; le coût a été réduit de 43 % dans le groupe intermittent (4 127 euros).                                        

Cette étude a montré qu’un traitement intermittent de 4 jours consécutifs par semaine est aussi efficace et même mieux accepté que le traitement classique quotidien, avec un coût plus faible. Les auteurs indiquent que…

Pour en savoir plus rendez-vous sur : JIM

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