Maladies d’origine alimentaire : faut-il s’intéresser au microbiote des animaux d’élevage ?
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a participé au projet RIMICIA (Review Impact MICrobiome In Assessment) qui s’est notamment intéressé à l’impact de certaines bactéries ou produits chimiques sur le microbiote intestinal des porcs et des poulets. L’étude de ces facteurs pourrait contribuer à lutter dès l’élevage contre des microorganismes pathogènes pour l’être humain, comme Campylobacter et Salmonella.
Influence de Salmonella et Campylobacter sur le microbiote des poulets
Les scientifiques ont d’abord exploré les données de la littérature pour recenser les facteurs modulant le microbiote déjà mis en évidence. Ils se sont ensuite concentrés sur certains facteurs qui méritaient d’être approfondis par des recherches complémentaires, notamment la présence de certains microorganismes qui modulent la composition du microbiote intestinal chez les poulets.
La suite du projet s’est alors concentrée sur l’étude de l’impact de la présence de Campylobacter et de Salmonella sur le microbiote du poulet, ces deux bactéries étant pathogènes pour l’être humain, mais pas pour les animaux. Elles sont responsables des principales maladies d’origine alimentaire en Europe, la contamination des êtres humains se faisant lors des manipulations en cuisine ou en cas de cuisson insuffisante.
Après inoculation de ces bactéries à des poulets, ensemble ou séparément, les chercheurs ont observé que la présence de Campylobacter influence peu la composition du microbiote tandis que la présence de Salmonella diminue la richesse et la diversité du microbiote intestinal, sans que cela ait un effet observable sur la santé des animaux. En cas de co-infection par ces deux bactéries, on observe peu d’effet sur le microbiote.
En revanche, cette co-infection augmente la quantité de ces deux bactéries dans l’intestin, par rapport à la situation où chacune d’elles est seule. Cela augmente le risque pour la santé humaine, car plus ces bactéries sont en quantité importante dans l’intestin des animaux, plus la probabilité qu’elles contaminent la viande est importante.
Une mycotoxine qui ralentit la croissance des porcs
D’après la littérature scientifique, l’un des facteurs influençant significativement le microbiote intestinal des porcs est la présence de la mycotoxine deoxynivalenol (DON). Cette toxine est produite par un champignon et peut contaminer l’alimentation de ces animaux. Les scientifiques du projet RIMICIA ont alors mené des recherches pour savoir si cette mycotoxine favorise la prolifération de salmonelles.
Pour cela, ils ont ajouté du DON à l’alimentation des porcs et ont inoculé des salmonelles à certains d’entre eux. Il ressort de ces travaux que le DON ne semble pas modifier la quantité de salmonelles dans l’intestin des porcs, mais ceux ayant reçu à la fois du DON et des salmonelles avaient un poids inférieur par rapport aux autres, alors qu’ils avaient consommé la même quantité de nourriture.
Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr qui comme le JIM appartient au groupe Medscape
Source : JIM