L’efficacité des traitements anti-ostéoporotiques est-elle influencée par l’âge ?

L’efficacité des traitements anti-ostéoporotiques est-elle influencée par l’âge ?

Le vieillissement est un facteur qui favorise les fractures de fragilité. De ce fait, les médicaments anti-ostéoporotiques sont largement prescrits chez le sujet âgé, dès lors qu’il existe des antécédents de fracture ostéoporotique ou une diminution nette de la densité minérale osseuse (DMO) attestée par l’absorptiométrie biphotonique. Le risque fracturaire doit être de fait considéré comme élevé et l’indication soigneusement pesée, en fonction du profil clinique et du médicament choisi en première intention, ce qui n’est pas toujours une mince affaire. 

De fait, le bénéfice thérapeutique de cette stratégie préventive n’est pas établi avec certitude notamment à long terme, quelle que soit la classe pharmacologique : biphosphonates (par voie orale ou parentérale), modulateurs sélectifs des récepteurs estrogéniques, anticorps monoclonal antagoniste du récepteur RANK tel le dénosumab, traitement hormonal substitutif, analogues ou dérivés de la parathormone, mais aussi romosozumab à titre d’exemples.

ous ces médicaments tendent à favoriser l’anabolisme osseux et à diminuer la résorption osseuse, avec un rapport bénéfice/risque souvent discuté notamment quand l’âge avance. Les études qui ont abordé ce domaine, le plus souvent rétrospectives, ont d’ailleurs abouti à des résultats discordants, de sorte qu’un consensus est loin d’être établi dans tous les cas de figure.

Une revue systématique récente de la littérature internationale qui avait porté sur 69 essais randomisés a pu suggérer, au travers d’une méta-analyse, que l’efficacité des traitements tendait à augmenter avec l’âge, mais les auteurs avaient alerté sur la fragilité de cette hypothèse, du fait des biais d’agrégation et des facteurs de confusion potentiels multiples. 

Le projet FNIH-ASBMR-SABRE

Ils insistaient sur la nécessité de traiter des données individuelles, une remarque qui a été prise en compte dans une autre étude basée sur le projet FNIH-ASBMR-SABRE (Foundation for the National Institutes of Health-American Society for Bone and Mineral Research- Study to Advance BMD).

Ils insistaient sur la nécessité de traiter des données individuelles, une remarque qui a été prise en compte dans une autre étude basée sur le projet FNIH-ASBMR-SABRE (Foundation for the National Institutes of Health-American Society for Bone and Mineral Research- Study to Advance BMD).

Ce dernier qui a été initié en 2013 a pour objectif de valider un biomarqueur, en l’occurrence la densité minérale osseuse (DMO), en tant que critère d’efficacité des nouveaux traitements anti-ostéoporotiques en lieu et place d’un critère strictement clinique défini par les fractures dénombrées au cours du suivi des patients. Il rassemble les données de plus de 150 000 participants inclus dans plus de cinquante essais randomisés. 

Cette vaste base de données permet au passage d’évaluer l’efficacité clinique et biologique des traitements utilisés en fonction de l’âge (respectivement ≥ 70 versus <70 ans). Les données individuelles de 123 164 participants (dont 99 % de femmes ; 43 % d’âge ≥ 70 ans ; 23 essais contrôlés) ont été extraites et traitées à l’aide du modèle des risques proportionnels de Cox, en prenant compte la totalité des fractures vertébrales et périphériques, cliniquement ou radiologiquement décelable. Pour ce qui est des variations de la DMO à long terme (2 ans) c’est une analyse par régression linéaire qui a été utilisée.

Une efficacité très peu tributaire de l’âge chez la femme

L’efficacité clinique s’est avérée comparable dans les deux sous-groupes précédemment définis, le risque de fracture vertébrale étant, par exemple, diminué d’environ 50 % chez les patients traités, avec des odds ratios (OR) de, respectivement, 0,47 (< 70 ans) et 0,51 (≥70 ans) (p interaction NS). Si l’on prend en compte la totalité des fractures, les valeurs correspondantes des hazard ratios (HRs) ont été, respectivement, de 0,72 et 0,70 (p interaction NS).

Les résultats se sont avérés similaires dans les essais consacrés aux biphosphonates, à l’exception du risque de fracture de la hanche, un peu plus atténué chez les sujets moins âgés (< 70 ans) avec un HR de 0,44 versus 0,79 chez les plus âgés (≥70 ans) (p =0,02). Pour ce qui est de la DMO mesurée au niveau de la hanche et du rachis, son augmentation s’est avérée significativement plus importante dans le sous-groupe des patients plus âgés.

Cette étude rétrospective avec données de suivi suggère que l’efficacité clinique des anti-ostéoporotiques utilisés au cours des dix dernières années n’est pas tributaire de l’âge, tout au moins chez la femme. Certes, la comparaison a ses limites car c’est le seuil de 70 ans qui a été choisi pour parvenir à l’hypothèse précédente. Par ailleurs, l’analyse fait une large place aux bisphosphonates et, pour les autres classes pharmacologiques, le rapport bénéfice/risque mérite d’être pris en compte, ce qui n’était pas au programme de cette étude qui a le mérite de porter sur les données individuelles des patients.

Source : JIM

actusantemag

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