La qualité du sommeil influence les résultats de la fécondation in vitro
« Nos résultats donnent à penser qu’il est cliniquement pertinent d’évaluer la qualité du sommeil chez les femmes qui suivent un parcours de fécondation in vitro. Ce facteur affecte en effet non seulement l’issue de la procédure, mais aussi la santé psychologique générale de ces patientes », concluent les auteurs d’une étude italienne réalisée il y a peu.
L’existence de troubles du sommeil chez les femmes qui ont recours à la FIV n’est pas une donnée nouvelle, mais leurs effets sur les résultats de la procédure étaient jusqu’ici assez peu documentés. Cette nouvelle étude démontre clairement qu’une mauvaise qualité du sommeil chez la patiente est associée à un impact négatif à ce niveau. On sait par ailleurs qu’il existe un lien entre un mauvais sommeil et une moins bonne santé mentale, qui peut également à son tour affecter les résultat du parcours de fertilité.
Score PSQI
Cette étude italienne a inclus 263 femmes qui s’étaient présentées dans un centre de FIV italien. Au moment de la ponction d’ovocytes, toutes les participantes ont complété trois questionnaires bien connus visant à évaluer la santé psychologique et la qualité du sommeil : le Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI), le Fertility Problem Inventory (FPI) et l’Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS).
Les auteurs ont également inclus une série d’autres paramètres dans leur analyse, dont le tabagisme, le body mass index (BMI), l’âge, la formation, l’activité professionnelle, des données relatives aux éventuelles grossesses antérieures et diverses autres informations pertinentes dans le cadre d’un traitement de fertilité. La procédure a finalement débouché sur une grossesse chez 31 % des patientes – globalement des femmes plus jeunes possédant encore une meilleure réserve ovarienne.
Constat intéressant, si leurs scores FPI et HADS ne différaient pas de ceux des participantes qui n’étaient pas tombées enceintes, il en allait par contre tout autrement du score PSQI, qui atteignait une médiane de 4 chez les femmes enceintes (écart interquartile : 3-5) vs 5 chez celles qui n’étaient pas parvenues à obtenir une grossesse (écart interquartile : 3-7) – une différence statistiquement significative (p = 0,004). Chez les femmes avec un score PSQI > 5 (attestant d’une mauvaise qualité du sommeil), l’odds ratio ajusté d’obtenir une grossesse s’élevait à 0,50 (IC 95 % : 0,26-0,94 ; p = 0,03).
Dans un commentaire accompagnant la publication des résultats, la spécialiste américaine Lubna Mohammed souligne que le principal message à retenir de ces travaux est qu’il est important que les médecins s’intéressent à la qualité du sommeil de la patiente avant de débuter un parcours de FIV. C’est d’autant plus opportun qu’une telle évaluation peut mettre au jour un mode de vie malsain, qui peut influencer non seulement la qualité du sommeil mais aussi le résultat de la procédure médicale… et qu’il pourrait donc être souhaitable de corriger avant toute autre chose !
Source : mediquality.net