Nutrition

Optimisons le rapport Na+/K+ dans l’alimentation

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La consommation excessive de sodium est une cause majeure d’hypertension artérielle chez certains sujets prédisposés. Elle constitue également un facteur de risque alimentaire quant à la prévalence de la maladie cardiovasculaire (MCV) au niveau mondial. Parmi les mesures de prévention primaire de cette dernière et de l’HTA, figurent d’ailleurs en bonne place les recommandations incitant les populations à réduire leurs apports en sodium.

Quelques incertitudes

Cependant, le lien entre la consommation de sodium et le risque cardiovasculaire est imparfaitement établi. Certaines études de cohorte suggèrent qu’une consommation de 6 000 mg de sodium par jour suffit pour que ce que risque se manifeste, ce qui ne fait pas l’unanimité : les limites méthodologiques, l’estimation approximative de la quantité de sel ingérée, la possibilité d’un lien de causalité inverse sont autant d’explications potentielles aux divergences actuelles. Les dosages erratiques du sodium urinaire sur un seul échantillon de 24 heures sont à cet égard une source d’erreur, car le sujet a toute liberté dans le choix de ses apports alimentaires qui varient de fait d’un jour à l’autre. Le fait de négliger la kaliurèse n’est pas non plus un atout car d’un point de vue physiologique, les deux cations les plus abondants de l’organisme interagissent au travers des régulations complexes qui président à l’homéostasie hydro-électrolytique.

Les résultats d’une étude qui échappe en partie à ces critiques méritent à cet égard d’être rapportés. Elle a consisté à regrouper les données individuelles de 10 709 participants (âge moyen 51,5 ± 12,6 ans ; femmes : 54,2 %), en bonne santé apparente, impliqués dans six études de cohorte prospectives indépendantes. 

L’excrétion urinaire de sodium et de potassium a été évaluée à l’état basal chez chaque participant à partir d’au moins deux échantillons urinaires des 24 heures. Le critère principal de jugement était la survenue d’au moins un évènement cardiovasculaire majeur (ECVM), qu’il s’agisse d’une revascularisation myocardique par angioplastie ou pontage, d’un AVC ou encore d’un infarctus du myocarde non létal. Chaque cohorte a été analysée séparément, puis combinée aux autres dans le cadre d’une méta-analyse à effets aléatoires.

Des relations du type dose-effet

Au terme d’un suivi médian de 8,8 années ont été dénombrés 571 ECVM, soit un taux d’incidence global de 5,9 pour 1 000 sujets-années). La natriurèse médiane des 24 heures a été estimée à 3 270 mg (10e au 90e percentile, 2 099 à 4 899). Une natriurèse élevée, une kaliurèse basse et un rapport Na+/K+ urinaire élevé ont été tous trois associés à un risque majoré d’ECVM, ceci après ajustement selon les facteurs de confusion potentiels (p ≤ 0,005 pour toutes les comparaisons).

Les risques correspondants, en fait les hazard ratios (HRs) ont été calculés dans le cadre d’une comparaison interquartile (supérieur versus inférieur pour….

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