Médécine

Le dysfonctionnement érectile du sujet âgé est lié à la fibrillation auriculaire

Le dysfonctionnement érectile (DE) relève souvent de causes multiples qui ne sont pas faciles à identifier autant par l’anamnèse que par l’examen clinique et les explorations complémentaires. Nombreux sont les facteurs associés au DE, mais plus rares sont ceux véritablement impliqués dans un lien de causalité.

Les associations en question ont été souvent établies par des études transversales de type cas-témoins qui n’autorisent que des hypothèses. La fibrillation auriculaire (FA) rentre dans ce cas de figure et les études longitudinales qui, seules permettent de déboucher sur la causalité, sont peu nombreuses.

L’étude dite MESA ( Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis ) bien connue des cardiologues et des épidémiologistes s’avère donc précieuse, puisqu’elle a inclus 1760 participants de sexe masculin (âge moyen 68 ± 9 ans) suivis sur le long terme. L’objectif était de rechercher de manière prospective une relation significative entre l’apparition d’un DE et l’existence d’une FA en procédant à des ajustements selon les facteurs de risque conventionnels.

Le DE a été mentionné par les participants lors de la 5 consultation de l’étude MESA entre 2010 et 2012. 

La fréquence cumulée de la FA a été estimée au moyen d’une analyse du type Kaplan-Meier. Le risque de DE, pour sa part, a été évalué sous la forme d’un Hazard Ratio (HR) au travers d’une analyse multivariée menée selon le modèle des risques proportionnels de Cox avec des ajustements multiples qui ont pris en compte les variables suivantes : âge, race et ethnie, niveau socio-éducatif, tabagisme chronique, consommation d’alcool, pression artérielle systolique, indice de masse corporelle, diabète, traitement antihypertenseur ou hypolipémiant, cholestérol total, débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe).

Au terme d’un suivi médian de 3,8 années (écart interquartile, 3,5-4,2) ont été dénombrés 94 cas de FA. Une différence significative a été mise en évidence entre les cas de DE et les témoins en fonction de la fréquence cumulée de la FA à 4 ans, soit 9,6 % versus 2,9 % (p<0,01). Dans le modèle le plus ajusté possible, la DE est restée significativement associée à la survenue d’une FA, le HR correspondant étant estimé à 1,66 (intervalle de confiance à 95 % 1,01-2,72, p=0,044).

Cette étude de cohorte prospective multiethnique établit une relation significative entre FA et DE chez le sujet âgé. Le lien de causalité est plus probable que dans les études transversales, même si tous les facteurs de confusion potentiels ne sauraient avoir été pris en compte. La certitude viendra d’études interventionnelles dans lesquelles les effets du traitement de la FA sur le risque de DE seront évalués.

Dr John Sorri

Avec JIM

Catégories :Médécine

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