L’anaphylaxie du nourrisson, une entité particulière

La réelle prévalence de l’anaphylaxie alimentaire chez le nourrisson de moins de 1 an est encore inconnue. Un groupe d’experts a récemment édité des principes de reconnaissance, diagnostic et prise en charge de l’anaphylaxie dans ce groupe d’âge, mais il a aussi attiré l’attention sur le manque de données disponibles et sur la nécessité d’établir de nouvelles recommandations et d’améliorer la recherche.

C’est ce qui a incité une équipe française à réaliser une étude rétrospective de tous les cas d’anaphylaxie répertoriés par le réseau d’allergo-vigilance entre 2002 et 2018 chez des enfants en âge préscolaire. L’objectif était de comparer la présentation de l’anaphylaxie entre deux classes d’âge : les moins de 1 an et les 1-6 ans. Sur 1 951 réactions d’anaphylaxie alimentaire, 61 (3 %) ont concerné des nourrissons de moins de 1 an et 386 (20 %) des enfants de 1-6 ans. Deux nourrissons avaient deux réactions anaphylactiques, aussi les analyses n’ont porté que sur 59 nourrissons, de 6 mois d’âge moyen. Parmi eux, 31 % avaient des antécédents de dermatite atopique et 11 % des antécédents d’allergie alimentaire. L’origine de l’anaphylaxie était principalement une allergie au lait de vache (59 %), aux œufs (20 %), au blé (7 %) ou aux arachides (3 %).

En revanche, chez les enfants de 1 à 6 ans, l’anaphylaxie aux arachides est la plus fréquente (27 %), suivie de celle à la noix de cajou (23 %). Pour ce qui est de l’allergie aux protéines de lait de vache, l’anaphylaxie est survenue dès la première consommation de lait de vache après arrêt de l’allaitement dans 46 % des cas.

Un phénotype différent et une sous-utilisation de l’adrénaline

L’urticaire, l’hypotension et les symptômes neurologiques sont plus fréquents chez les nourrissons que chez les enfants plus âgés. Pour les auteurs, cela laisse penser qu’il s’agit d’un phénotype différent d’anaphylaxie alimentaire. Ils estiment que cela justifie que soient développés des critères cliniques d’anaphylaxie du nourrisson, pour permettre aux praticiens de la reconnaître, d’en mesurer la sévérité, d’injecter l’adrénaline de manière appropriée et d’évaluer le risque de récurrence. Notons en effet que l’analyse des données montre que l’adrénaline est, comme pour les autres catégories d’âge, sous-utilisée…

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