Nos conseils pour gérer ses émotions quand on est soignant

 

Il est normal, surtout en période de crise, de ressentir des émotions et parfois même de sentir envahi ; il faut les accepter et surtout ne pas les rejeter ni les refouler, sous peine d’explosion ou d’implosion. Aussi pénibles soient-elles par moment, elles ne sont pas les ennemies que l’on croit…Pour peu qu’on les accepte, qu’on les écoute et qu’on en décode les messages, les émotions, sont les gardiennes de notre bien-être et les moteurs de nos actions.

Accueillir l’émotion

Nous avons du mal à considérer les émotions comme des alliées ; nous sommes facilement débordés par les réactions qu’elles entraînent, et nous préférons alors les rejeter plutôt que de les accueillir, ce qui a tendance à les entretenir et les renforcer.

Voici quelques clés pour mieux les accueillir:

1-Diminuer l’intensité de l’émotion en observant notre ressenti

Il s’agit de décrire précisément ce qui se passe en nous. Parce que, comme tout signal d’alarme, l’émotion a besoin d’attention et, dès lors que nous lui en accordons, elle va se réduire considérablement, nous permettant de réfléchir plus facilement à une réponse concrète.

 

Vous êtes en colère quand un patient s’adresse à vous avec mépris, le fait de vous dire « je sens la colère monter », vous aidera à canaliser son expression.

2- Nommer l’émotion

Le terme stress est devenu un fourre-tout qui nous déconnecte de ce qui se passe pour nous ; or nous avons besoin de d’identifier l’émotion pour pouvoir la comprendre.

Il y a 4 émotions principales : la joie, la peur, la tristesse et la colère. Mais leur palette est très large et plus on s’exerce à les reconnaître et à les nommer, plus on devient précis.

Mais est-ce vraiment de la colère ? Suis-je contrarié ? Frustré ? Ou furieux ?

3- Analyser la situation qui a déclenché l’émotion

C’est à ce prix que vous comprendrez et donc maîtriserez vos réactions émotionnelles : Quelles étaient les circonstances ? De quelle émotion s’agissait-il ? Quels sont les points communs à ces différentes situations ?

Que s’est-il passé avec ce patient ? Était-ce la première fois ? Est-ce déjà arrivé avec un autre patient ? Avec un collègue ? …

Déchiffrer et agir

L’ensemble des réactions que vous avez observées lors de l’étape précédente va vous donner des renseignements sur vos réactions émotionnelles et donc vous transmettre une information cruciale sur vos besoins malmenés :

 

1- Reconnaître que l’émotion nous parle de nous,

Reconnaître que c’est nous-mêmes qui générons une émotion face à la situation et qu’elle a quelque chose à nous dire sur nous.

Ma collègue n’a pas la même réaction que moi face à ce patient méprisant, que se passe-t-il en moi, pour moi ?

 

2- Identifier le besoin insatisfait qui déclenche l’émotion.

Il peut s’agir de besoins de sécurité, affectifs, de reconnaissance, d’autonomie, de sens…

J’ai besoin que l’on s’adresse à moi de façon respectueuse quand je fais mon travail.

3- Faire le tri et garder l’objectif en tête.

Au milieu du panel d’actions possibles, certaines sont exactement ce dont nous avons besoin, d’autres ne sont que des paravents…

Je pourrais aller me défouler en salle de repos et ruminer tout ça, ou je peux réfléchir à comment parler à ce patient et à ce dont j’ai besoin pour que les consultations se passent mieux en sa présence.

4- Passer à l’action.

Une fois que vous avez bien préparé votre stratégie pour résoudre la situation qui déclenche une émotion pénible, il est temps de passer à l’action.

Autorisez-vous des essais comme autant de phases de test, c’est une gymnastique !

Je choisis un moment calme, pour lui, comme pour moi et je lui parle de mon ressenti. « L’autre jour, vous m’avez dit … et je me suis sentie … ce dont j’ai besoin c’est … je vous propose à l’avenir … qu’en pensez-vous ?… »

 

Et les patients, vos collègues, les autres…que faire de leurs émotions?

 

  • Suspendez votre jugement

 

Vous n’auriez peut-être pas eu cette émotion-là, ne jugez pas… Prenez conscience de l’émotion de l’autre et aidez l’autre à l’accueillir. Écoutez-le et, peut-être même, aidez-le à aller à la recherche de son besoin.

 

  • Reformulez ce qui est exprimé

 

Cela va aider l’autre à « nommer » l’émotion, à la prendre en compte. Faites un effort pour comprendre sincèrement le problème tel que l’autre le ressent.

 

  • Métacommuniquez :

 

C’est l’art de communiquer sur la communication. Dites ce que vous ressentez afin que la personne puisse s’ouvrir à ce qu’elle ressent elle.

Source : macsf.fr

 

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