Tous les nourrissons ne métabolisent pas les IPP de la même façon !

Les inhibiteurs de la pompe à protons [IPP] font partie des médicaments très utilisés en pédiatrie, y compris chez les nouveau-nés et les nourrissons, mais ils ne sont pas dépourvus d’effets indésirables. Ils favorisent notamment les infections digestives et respiratoires en élevant le pH gastrique, ce qui empêche la stérilisation du contenu de l’estomac.

Des chercheurs de l’Université Vanderbilt, aux USA, ont émis l’hypothèse que le risque d’infections était moindre quand la métabolisation des IPP par l’enzyme hépatique

CYP2C19 était plus rapide. L’activité enzymatique de CYP2C19 n’est pas identique chez tous les sujets ; il existe en effet des « métaboliseurs » normaux, lents/intermédiaires et rapides/ultra-rapides, qu’on peut distinguer en se basant sur les variants du gène qui code CYP2C19 , c’est-à-dire sans doser l’activité enzymatique elle-même.

En croisant les données des dossiers médicaux informatisés et de la biobanque de l’Université, les chercheurs ont trouvé 670 enfants âgés de 0 à 3 ans (âge médian : 7 mois) exposés pendant au moins un an à des IPP, pour lesquels le génotype de CYP2C19 a pu être déterminé sur de l’ADN stocké.

Ces enfants ont fait un total de 1 419 infections dans l’année qui a suivi le début du traitement par IPP, dont 77 % d’infections respiratoires. D’après le génotypage de CYP2C19 , 40 % d’entre eux étaient des métaboliseurs normaux, 27 % des métaboliseurs lents/intermédiaires, et 33 % des métaboliseurs rapides/ultra-rapides. La grande majorité (84 %) présentait des comorbidités (malformation, maladie chronique ou prématurité).

Un peu moins d’infections pour les métaboliseurs rapides

Les trois groupes de métaboliseurs sont comparables sur le plan démographique et sur le plan des comorbidités.

Les métaboliseurs rapides/ultra-rapides ont fait une infection respiratoire ou digestive de moins sur une année que les métaboliseurs normaux (nombre médian : 1 versus 2 ; p = 0,03). Par rapport aux métaboliseurs normaux leur risque infectieux est réduit après ajustement par l’âge, le sexe, la dose d’IPP et les comorbidités, pour l’ensemble des infections (Odds Ratio : 0,70 ; Intervalle de Confiance de 95 % : 0,50 – 0,97), pas pour les infections respiratoires et les infections digestives considérées séparément.

En revanche, les métaboliseurs lents/intermédiaires ne présentent pas de différence significative avec les métaboliseurs normaux.

L’hypothèse de départ n’est qu’à moitié vérifiée par cette étude rétrospective : le risque infectieux est minoré chez les métaboliseurs rapides/ultra-rapides, il n’est pas majoré chez les métaboliseurs lents/intermédiaires, mais il n’est pas exclu que l’étude manque…

Pour en savoir plus rendez-vous sur : JIM

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s