Effets opposés du THC et du CBD de cannabis sur la schizophrénie

Plusieurs processus pathologiques ont été identifiés dans la schizophrénie. Parmi ceux-ci,

Un autre processus pathologique pourrait contribuer au développement de la schizophrénie : l’altération du système endocannabinoïde, qui associe un ensemble de substances produites de manière interne et leurs récepteurs, impliqué dans un grand nombre de mécanismes physiologiques qui assurent l’équilibre de notre organisme.

Plusieurs éléments le suggèrent :

  • les personnes atteintes de schizophrénie présentent des taux plus élevés de certains endocannabinoïdes dans le liquide céphalorachidien (qui baigne le cerveau et le sang) (1) par rapport aux personnes épargnées par la maladie ;
  • il existe deux types de récepteurs des cannabinoïdes : les CB1 et CB2, les premiers étant les plus abondants au niveau cérébral. Des chercheurs ont montré que le réseau de récepteurs CB1 est perturbé en cas de schizophrénie ; des patients traversant leur premier épisode de psychose présentent des niveaux réduits de ces récepteurs, et le niveau de ceux-ci est en lien avec la sévérité de leurs symptômes : les personnes en présentant les plus faibles niveaux sont celles présentant les troubles cognitifs les plus importants (2).

De plus, l’usage du cannabis, qui contient des phytocannabinoïdes (notamment le THC responsable des effets psychiques de la plante) qui interagissent avec ce système, est associé à une augmentation du risque de schizophrénie. Les gros consommateurs de cannabis ont près de 4 fois plus de risque de développer une schizophrénie ou une maladie psychotique par rapport aux non consommateurs (3). Par ailleurs, les usagers quotidiens de variétés fortement concentrées en THC déclarent les premiers symptômes de la maladie 6 ans avant ceux qui ne consomment pas de cannabis (4). L’administration de THC à des personnes en bonne santé mentale mime les effets de la schizophrénie et peut déclencher à la fois les symptômes psychotiques, les symptômes négatifs et les troubles cognitifs. Les examens d’imagerie du cerveau révèlent que le THC stimule des zones cérébrales associées à la psychose (5).

Effets opposés du cannabidiol (CBD)

En revanche, le cannabidiol, un autre phytocannabinoïde extrait du cannabis, exerce un effet opposé à celui du THC et permet de tempérer ses effets. Des personnes en bonne santé à qui on administre du THC ressentent moins de symptômes psychotiques, de paranoïa et de troubles de la mémoire lorsqu’elles ont reçu au préalable une dose de 600 mg de CBD (6).

Ses propriétés antipsychotiques chez l’homme ont été confirmées par un essai clinique récent. Pendant 6 semaines, 43 personnes atteintes de schizophrénie ont reçu 1000 mg par jour de CBD, 45 un produit placebo (7), en complément de leur traitement médicamenteux. À l’issue du traitement, les participants sous CBD présentaient moins de symptômes positifs ; une amélioration a aussi été notée pour leur performances cognitives et leur fonctionnement global. Le traitement par CBD a été bien toléré par les patients.

Actuellement, le CBD est interdit en complément alimentaire en France mais son usage est autorisé dans d’autres pays européens.

Source : julienvenesson.fr

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