Médécine

Pourquoi ce lien entre le nombre de grossesses et le risque de cancer de l’endomètre ?

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Le risque de cancer de l’endomètre est fortement associé au nombre de grossesses. La première grossesse semble la plus « protectrice », mais chaque grossesse supplémentaire apporte ensuite sa contribution. Le mécanisme de cet effet n’est toujours pas bien identifié. Il pourrait s’agir d’une protection conférée par la capacité à concevoir (fertilité), au nombre cumulé de mois de grossesse ou à un évènement survenant à un moment spécifique du déroulement de la grossesse.

Une équipe danoise a entrepris d’explorer l’association entre la durée des grossesses et le risque de cancer de l’endomètre. Plusieurs bases de données ont permis de constituer une cohorte de 2,3 millions de Danoises, suivies de 1978 à 2014. Pendant cette période il y a eu 670 000 interruptions volontaires de grossesses et 3,2 millions de naissances.

Les données confirment une forte association entre la première grossesse et le risque de cancer de l’endomètre, avec une protection supplémentaire à chaque grossesse. Après ajustement pour l’âge, la période et les facteurs socio-économiques, la première grossesse est associée à une réduction du risque de cancer de l’endomètre, réduction sensiblement égale que la grossesse ait été interrompue (risque relatif RR ajusté 0,53 ; intervalle de confiance à 95 % IC 0,45 à 0,64) ou qu’elle ait été menée à terme (RR 0,66 ; IC 0,61 à 0,72).

Un effet protecteur en début de grossesse

Chaque grossesse suivante est associée à une réduction supplémentaire du risque, là encore qu’elle ait été interrompue (RR 0,81 ; IC 0,77 à 0,86) ou menée à terme (RR 0,86 ; IC 0,84 à 0,89). Ni la durée de la grossesse, l’âge de la mère, les interruptions spontanées de grossesses, l’obésité, la période où a eu lieu la grossesse, la fécondité ou les facteurs socio-économiques ne modifient ces résultats.

Pour les auteurs, ces constatations vont contre l’hypothèse « œstrogènes » selon laquelle le risque de cancer de l’endomètre augmente avec le nombre d’années de cycles menstruels (de la puberté à la ménopause) et diminue avec les années de grossesse et l’utilisation de contraceptifs oraux. Les données orienteraient plutôt vers un mécanisme survenant dans les premières semaines suivant la conception et qui aurait pour résultat cet effet de protection. Il pourrait être en lien avec l’augmentation rapide du ratio progestérone/œstrogènes, quand le taux de progestérone triple alors que celui des œstrogènes ne s’élève que modestement.

Source : JIM 

Catégories :Médécine

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