Médécine

La vaccination intramusculaire des hémophiles est-elle à risque ?

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Selon les recommandations de la World Federation of Hemophilia , les personnes atteintes de troubles de coagulation doivent être vaccinées, mais les vaccins doivent être administrés par voie sous-cutanée (SC) plutôt qu’intramusculaire (IM) ou intradermique, à moins d’une couverture par l’injection de concentrés de facteurs de coagulation.

Cette réticence pour l’administration intramusculaire repose sur le risque possible de saignement intramusculaire entraînant une exposition aux facteurs de la coagulation et à un possible développement d’inhibiteurs.

Une équipe française s’est penchée sur la question au moyen d’une étude rétrospective dont l’objectif était de répertorier le taux de développement d’hématomes intramusculaires nécessitant l’administration de facteurs de coagulation chez des sujets hémophiles modérés à sévères (FVIII ou FIX < 2 %) vaccinés par voie IM.

Des données rassurantes

Au total, 113 patients de la cohorte nationale FranceCoag par quatre centres ont été inclus Ils étaient tous âgés de plus de 2 mois (âge recommandé pour la première administration vaccinale en France) et tous avaient reçu au moins une injection vaccinale IM avant la pose du diagnostic de leur hémophilie.

La médiane d’âge au moment du diagnostic d’hémophilie était de 9 mois (2 à 74 mois) ; l’hémophilie est de type A (87 %) ou plus rarement B (13 %), avec 86 %de formes sévères et 14 % de formes modérées.

Globalement, ces sujets ont reçu 549 injections vaccinales IM (médiane : 5[1-15]) et un hématome n’a été rapporté que dans 11 cas (11 sujets) dont 7 n’ont donné lieu à aucune intervention, 3 ont été suivis en consultation et 1 a révélé le diagnostic d’hémophilie et a nécessité un traitement par concentré.

Autant de résultats qui suggèrent que les injections vaccinales IM réputées pour être plus immunogènes que les injections SC (taux de séroconversion plus élevés et décroissance plus lente des taux d’anticorps) sont tout à fait envisageables et sans risque accru d’hématomes chez les hémophiles.

Il reste à évaluer le risque de développement d’inhibiteurs consécutifs à des saignements IM, risque hypothétique et au pire probablement très minime.

Source : JIM

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