Analyses biochimiques clinique

Hypercholestérolémie familiale : impact des traitements hypolipémiants intensifs

 

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Il existe deux formes génétiques de l’hypercholestérolémie familiale (HCF). La plus rare est la forme homozygote dont la prévalence serait très faible (autour de 1/1 000 000), la transmission à la descendance étant observée dans 100 % des cas. Le nombre de patients touchés par cette maladie orpheline serait d’une ou deux centaines. La prévalence de la forme hétérozygote est bien plus élevée, comprise entre 1/200 et 1/500 et elle est transmise une fois sur deux. Le nombre de personnes atteintes d’une HCF hétérozygote se chiffrerait ainsi en centaines de milliers et son diagnostic serait souvent méconnu. Son pronostic a été transformé par l’arrivée des statines, souvent prescrites à hautes doses dans le cadre d’un traitement hypolipémiant intensif (THI), intégrant volontiers l’ézétimibe en cas de baisse insuffisante du LDL-cholestérol. Mais, jusqu’à quel point ? Question importante depuis la mise sur le marché de nouveaux hypolipémiants plus puissants, tels les inhibiteurs de PCSK9.

Une étude multicentrique observationnelle, mais rétrospective, a dressé un état des lieux en Espagne. Elle a été élaborée à partir du registre national des dyslipidémies, dans le but d’estimer la prévalence de la maladie cardiovasculaire (MCV) chez les patients atteints d’une HCF hétérozygote et de définir l’impact potentiel du THI sur celle-ci. Les risques relatifs correspondants ont été calculés sous la forme d’odds ratios (OR) à l’aide de divers modèles de régression logistique multiple avec ajustement selon les facteurs de confusion potentiels.

Globalement, trois fois moins de maladies cardiovasculaires

Au total, ont été inclus dans cette cohorte 1 958 patients atteints HCF (âge moyen 49,3 ± 14,3 ans). Au moment de l’inscription dans le registre, 295 d’entre eux (15,1 %) avaient déjà été confrontés à au moins une complication inaugurale de MCV, dont plus de la moitié (n=164 ; 55,6 %) avant l’avènement des statines et du THI. L’exposition à ce dernier a permis de réduire de plus d’un facteur 10 le risque de MCV ( versus absence d’un tel traitement), l’OR correspondant étant en effet estimé à 0,085 (intervalle de confiance à 95% [IC] : 0,063-0,114, p < 0,001). Un épisode inaugural de MCV est survenu chez 131 participants sur 1 615 (8,1 %) au terme d’une phase thérapeutique active d’une durée moyenne de 9,1 ± 7,2 ans. Cent-quinze d’entre eux (87,8 %) bénéficiaient d’un THI en bonne et due forme.

La prévalence de la MCV chez les patients atteints d’une HCF hétérozygote a été divisée par trois par rapport à la période qui a précédé l’introduction des statines en thérapeutique. Un traitement précoce et prolongé par ces médicaments dans le cadre d’un THI est le garant d’un tel résultat. En dépit de ce THI, il reste cependant une minorité de patients exposés aux complications de la MCV, le plus souvent du fait d’une accumulation de facteurs de risque, en plus de l’hypercholestérolémie : c’est dans ces cas seulement que devrait être envisagé le recours aux nouveaux hypolipémiants, tels les inhibiteurs de la PCSK9.

Source : JIM

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