soins infirmiers

Les « gourdes » dans la diversification alimentaire du nourrisson

IMG_20190726_111641_432

Malgré un prix plus élevé que les « petits pots », les « gourdes » d’aliments pour bébés plaisent aux parents parce qu’elles sont commodes et leur font gagner du temps pour nourrir les jeunes enfants. Ces poches en plastique, compressibles, munies d’un bec verseur fermé par un bouchon vissé, sont typiquement remplies avec des purées de fruits ou de légumes, et leur contenu peut être exprimé directement dans la bouche de l’enfant ou aspiré par celui-ci. Il existe aussi des gourdes réutilisables, qui peuvent être remplies avec des préparations « maison ».

Le Comité de Nutrition de la Société Allemande de Pédiatrie et Médecine de l’Adolescent [SAPMA] a récemment exprimé des réserves sur l’utilisation de ces gourdes pour diversifier l’alimentation des nourrissons à partir de 4-6 mois.

Les gourdes continuent en effet à solliciter la succion. Leur utilisation prépondérante lors de la diversification pourrait retarder l’usage de la cuiller et perturber l’exploration des aliments avec la bouche et les doigts et le développement de l’oralité. Quand l’alimentation solide n’a été débutée qu’après 9-10 mois, les enfants semblent présenter plus de difficultés alimentaires et consommer moins de fruits et de légumes par la suite.

Par rapport à l’alimentation à la cuiller ou avec les doigts, les gourdes réduisent le temps d’échange avec les parents au moment des repas (alimentation interactive).

De plus, la composition des aliments pour bébés contenus dans les gourdes est en général déséquilibrée. La plupart des purées de fruits sont riches en « sucres », c’est-à-dire en mono- et en disaccharides, très caloriques, et ont un goût sucré prononcé. Les produits à base de légumes, de céréales ou de laitages sont également riches en sucres et très caloriques. Fin 2018, la teneur en calories de 100 gourdes d’aliments pour bébés vendues en Allemagne allait de 38 à 89 Kcal/100 g (médiane : 66 Kcal/100g) et 40 % à 90 % des calories étaient fournies par les sucres (médiane : 70 %).

Une gourde de fruits sucrés n’équivaut pas à un repas complet. Elle apporte surtout des sucres et ne complète pas les besoins en nutriments qui ne sont pas couverts par le lait de mère : fer, zinc et iode, vitamines B et acides gras polyinsaturés à chaîne longue. Les fruits doivent plutôt être offerts dans une bouillie céréales-fruits ou à la fin d’un repas fait de légumes et de viande ou de poisson.

Une gourde de fruits en purée ne remplace pas un fruit frais. En général, elle apporte plus de sucres et de calories que lui, du fait de l’utilisation préférentielle de fruits très sucrés et de l’ajout fréquent de concentrés de jus de fruits. La mention « sans sucre ajouté » sur l’étiquette d’une gourde n’exclut pas une teneur élevée en sucres.

Comme tous les aliments riches en sucres, les gourdes de fruits en purée augmentent les risques de carie dentaire, d’obésité, et, peut-être, de pathologies telles que l’asthme et le cancer.

Les purées de fruits adhèrent plus longtemps à l’émail dentaire.

Par comparaison avec les fruits en morceaux, les fruits en purée apportent plus de sucres, dont du fructose, et d’énergie sur un plus court laps de temps. Ils n’ont pas besoin d’être mâchés avant d’être ingérés, et leurs sucres sont rapidement absorbés. On peut donc s’attendre à ce que la charge glycémique élevée et les sucres à index glycémique élevé stimulent l’insulino-sécrétion et favorisent une prise de poids excessive.

Dans la cohorte de naissances VIVA, les enfants exposés à des apports élevés de sucres pendant la grossesse et dans la petite enfance réalisaient aussi de moins bonnes performances cognitives entre 3 et 8 ans. Parmi les sucres présents dans les purées de fruits, le fructose favorise la lipogénèse de novo, la stéatose hépatique et la NASH. Les données actuelles suggèrent que les sucres ne doivent pas fournir plus de 10 % de l’énergie quotidienne totale.

Enfin, on ne peut exclure totalement un risque d’inhalation des bouchons des gourdes quand ils sont de petite taille.

En conclusion, le Comité de Nutrition de la SAPMA recommande de limiter l’utilisation des gourdes pour la diversification de l’alimentation du nourrisson et d’administrer de préférence leur contenu à la cuiller.
Cette synthèse ne reflète pas nécessairement l’opinion personnelle de son auteur.

Source : JIM

Catégories :soins infirmiers

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s