Médécine

Le liquide amniotique est-il vraiment stérile ?

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Les recherche menées grâce aux nouvelles techniques moléculaires ont récemment suggéré que le liquide amniotique d’une femme à terme recelait son propre microbiote. Une hypothèse qui, si elle était confirmée, permettrait d’avancer sur la connaissance du développement de l’immunité en période fœtale.

Afin de confirmer cette hypothèse, 2 701 femmes enceintes ont été recrutées à 18 SA dans l’étude Prevent ADALL (Preventing Atopic Dermatidis and Allergies in children). Toutes devaient consentir à un prélèvement de liquide amniotique si elles accouchaient par césarienne spécifiquement à la maternité d’Oslo : ce fut le cas de 65 femmes dont 14 à « membranes rompues » et 51 « à membranes intactes ». Des échantillons de liquide ont été prélevés chez dix césariennes programmées à membrane intact, avant le début de travail, dans la même salle d’opération, et comparés à 14 autres liquides issus de grossesses à membranes rompues (en moyenne depuis 14h).

Le liquide du groupe « membranes intactes » contient très peu d’ADN bactérien, de l’ordre de 600 copies/ml et ce de façon comparable aux groupes contrôles constitués de lots d’eau et de sérum physiologique stérile. Le groupe « rupture » au contraire contient de haut niveau d’ADN bactérien, de l’ordre de 7 700 copies. Dans le groupe « membranes intactes », culture et PCR n’ont pas montré de présence de bactéries tandis que dans le groupe « rupture », la moitié des échantillons ont une PCR positive sur les anaérobies, 14 % sur les aérobies et 21 % poussent sur la boite de Pétri.

Après la découverte récente, dans du liquide amniotique, d’ADN d’un ensemble de bactéries similaires au microbiote habituel du placenta et du méconium, mais uniquement dans la situation où le travail avait débuté, l’étude PreventADALL démontre, qu’en dehors du travail, le liquide amniotique est stérile. Ce qui vient confirmer l’hypothèse que la colonisation du fœtus par la flore microbienne commence avec les premières contractions. En cas de césarienne à « membrane intacte », avant tout début de travail, le nouveau-né ne bénéficie donc pas de la première colonisation par les bactéries vaginales, celle-là même qui semble protéger nourrissons et enfants des allergies et autres maladies auto-immunes.

Source : jim.fr

Catégories :Médécine

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